En deux semaines, plus de 59.000 Bangkokiens ont poussé la porte des refuges climatisés ouverts par la mairie. Un succès qui dit surtout que l'air de dehors est irrespirable.


Début mars, la Bangkok Metropolitan Administration lançait son Urban Heat Management Plan 2026, avec l'ambition affichée de ne laisser personne fondre dehors. Quelques semaines plus tard, les premiers chiffres sont là. En deux semaines d'ouverture, les cooling centres ont accueilli 30.208 personnes la première semaine, 28.940 la suivante, pour un total de plus de 59.000 passages. La fréquentation reste stable, ce qui n'est pas forcément un signal rassurant, car la qualité de l’air, elle, ne change pas.
La BMA, qui ne rate jamais une occasion de publier un sondage de satisfaction, annonce que 99,6% des usagers interrogés se déclarent satisfaits du service et que 98,89% comptent y revenir.
313 centres, nécessaire
Le dispositif en place est conséquent. La mairie opère 313 cooling centres dans des bâtiments municipaux, écoles, centres de santé et maisons de quartier, auxquels s'ajoutent 272 points de rafraîchissement dans les parcs publics et les temples. Un réseau que nous avions décrit à son lancement et qui commence à montrer son utilité pratique compte tenu des températures extérieures.
Lundi 6 avril, la BMA a classé l'indice de chaleur au niveau « dangereux », avec des valeurs ressenties comprises entre 42 et 51,9 degrés, frôlant le seuil « très dangereux » fixé à 52 degrés. Les températures réelles varient entre 38 et 40 degrés, mais l'humidité transforme chaque sortie en épreuve. La mairie recommande d'éviter toute activité extérieure entre 11h et 15h et de surveiller les signes de coup de chaleur.
Bonus PM2.5
Ce que le plan de mars n'avait pas vraiment mis en avant, c'est que la chaleur s'accompagne cette année d'un problème de qualité de l'air. Lundi matin, les relevés de PM2.5 mesurés sur 24 heures affichaient entre 27 et 44,8 microgrammes par mètre cube dans la capitale, dépassant le seuil réglementaire de 37,5 µg/m³ dans 16 districts. Bang Kho Laem et Nong Chok arrivaient en tête à 44,8 µg/m³, au niveau orange, soit le palier où la pollution commence à produire des effets sur la santé.
Selon les données satellite de la NASA, aucun foyer anormal n'est identifié sur Bangkok, mais les conditions météorologiques devraient rester propices à l'accumulation jusqu'au 14 avril.
La BMA a donc ajouté une ligne à ses recommandations : porter un masque en sortant, éviter de brûler des déchets ou de l'encens, couper son moteur à l'arrêt, et signaler toute source de pollution via l'application Traffy Fondue.










