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Thailande : Centara veut transformer les stations PTT en hôtels d'étape

On ne visite plus la Thaïlande, on la traverse. C'est sur ce constat que Centara Hotels et PTT construiront six hôtels dans des stations-service d'ici 2028, à moins de 30 euros la nuit.

Hôtel CentaraHôtel Centara
Écrit par Émilien PEZZOLI
Publié le 2 avril 2026

Les stations PTT sont partout sur les grands axes interprovinciaux : une canopée verte, un Café Amazon, une supérette, des pompes alignées. Des millions de Thaïlandais s'y arrêtent chaque jour pour faire le plein, manger, recharger leur véhicule électrique. Ce qu'ils ne peuvent pas encore faire, c'est dormir. C'est précisément le vide que Centara Hotels & Resorts et PTT Oil and Retail Business (OR) veulent combler. Les deux groupes ont annoncé le 1er avril la création d'une coentreprise de 700 millions de bahts pour construire six hôtels économiques directement adossés à des stations PTT. Centara en détient 51%, OR 49%. Les ouvertures sont prévues entre 2027 et 2028, à Bangkok, Kanchanaburi, Ayutthaya, Phuket, Chon Buri et Songkhla, autant de points qui jalonnent les principales routes du pays.

 

Une clientèle qui passait déjà par là

 

La cible, c'est le voyageur qui roule de nuit entre deux provinces et a besoin de quelques heures de sommeil avant de reprendre la route. Les stations PTT sont ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, gardées, éclairées. Les tarifs attendus - entre 800 et 900 bahts la nuit en province et 1.200 à 1.300 bahts à Bangkok, soit 20 à 35 euros - positionnent ces établissements en-dessous des enseignes internationales du même type comme Ibis. Chaque établissement proposera entre 69 et 80 chambres.

 

Le bas de gamme, un calcul délibéré

 

Pour Centara, s’attaquer à cette catégorie n'est pas un repli. Le directeur financier du groupe l'a dit clairement : la rentabilité dans l'hôtellerie est structurellement plus forte aux deux extrêmes du spectre, le luxe et l’accessible, grâce à des coûts d'exploitation comprimés. Le groupe vise un taux d'occupation de 70 à 80% à terme, dans des établissements dont la restauration et la sécurité sont déjà assurées par les stations. Pour OR, la logique est différente. Introduite en bourse en février 2021, la filiale de PTT s'efforce depuis de transformer ses stations en destinations à part entière, au-delà du carburant. Avec plus de 2.000 sites à travers le pays, certains occupant jusqu'à plusieurs milliers de mètres carrés en province, elle dispose de l'espace et d'une clientèle captive. L'idée d'y intégrer des hôtels circule en interne depuis 2017. La pandémie l'avait mise en suspens. Elle ressort aujourd'hui.

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