Face à la flambée des prix, le ministère thaïlandais de l’Énergie mise sur une recommandation volontairement simple : régler les climatiseurs à 26 degrés Celsius.


Le mécanisme est bien documenté. Selon l’Autorité thaïlandaise de production d’électricité (EGAT), chaque degré supplémentaire sur le thermostat réduit la consommation électrique de 3 à 5%. En cause : le compresseur, composant le plus énergivore du climatiseur. Lorsque la consigne passe de 25°C à 26°C, l’écart avec la température extérieure se réduit donc le compresseur travaille moins et s’arrête plus rapidement. Certes, pour chaque foyer pris individuellement, les économies sur la facture ne sont que d’une petite centaine de bahts pour un degré. Cette campagne ne vise pas des économies d’un point de vue individuel mais à l’échelle du royaume entier.
Des millions de foyers, des milliards en jeu
La Thaïlande compte plus de 22 millions de ménages, dont environ 12 millions sont équipés de climatiseurs. Si chacun relevait sa consigne d’un seul degré, les économies cumulées atteindraient entre 720 millions et 1,3 milliard de bahts par mois. Le Bureau de la politique et de la planification énergétiques (EPPO) estime qu’une hausse collective de 1 à 2 degrés suffirait à réduire la demande nationale de plusieurs centaines de mégawatts, l’équivalent de la capacité d’une centrale thermique entière. Un soulagement bienvenu pour le réseau électrique aux heures les plus écrasantes de l’après-midi et une bouffée d’air frais pour la Thaïlande qui cherche à alléger sa dépendance aux importations de carburant, surtout dans ce contexte géopolitique mondial. En période de crise, on attend souvent des solutions à la hauteur du problème. Parfois, elles tiennent dans un seul chiffre sur une télécommande.












