Tarifs douaniers, crise pétrolière, recul du tourisme : les petits commerces de Bangkok encaissent les chocs d'une conjoncture mondiale sans merci. lepetitjournal.com en a rencontré quelques-uns.


Entre tarifs douaniers américains instables, crise pétrolière historique et perturbations du trafic maritime, la Thaïlande subit de plein fouet les effets d'une conjoncture mondiale complexe. Les commerces de Bangkok, qu'il s'agisse d'un salon de massage, d'une boutique de costumes ou d'un weed shop, en mesurent déjà l'impact.
Le touriste, animal en voie de raréfaction
« Si je compare ces mois de mars et avril à la même période l'année dernière, je constate une vraie baisse du nombre de touristes. » Cette analyse directe et sans hésitation est livrée par le manager d'un magasin de costumes et autres vêtements chics pour hommes. Situé depuis 2018 à proximité de Khao San Road, rue ultra-fréquentée par les touristes, l'afflux de vacanciers est vital pour ce commerce qui ressent, dès ce mois d'avril 2026, les premières répercussions de la crise. Dans ce contexte, les salons de massage ne peuvent se détendre. Eux aussi en proie à la déperdition touristique, ces salons que l'on trouve à chaque coin de rue souffrent, en plus, d'une concurrence de chaque instant. À Bangkok et plus généralement en Thaïlande, le bien-être étant omniprésent, des milliers de spas, de salons de massage et autres établissements se disputent les touristes qui arrivent encore.

Dans l'un de ces salons situé lui aussi dans le quartier de Khao San, un masseur confirme le constat : moins de touristes que les années précédentes. Il va même plus loin. Les visiteurs sont non seulement moins nombreux mais ils « consomment aussi moins, comme si les touristes aussi économisaient ».
C'est la crise ! Mais pas pour tout le monde…
La situation semble catastrophique et elle l'est pour certains. Pour d'autres, elle reste confortable. Difficiles d'accès, en raison d’une discrétion qui se comprend, les établissements vendant du cannabis gardent dans l'ensemble des chiffres stables, moins inquiétés par le manque de touristes et les changements de mode de consommation, qui partent du bien-être pour arriver à la night life. Dans le cas précis de ces établissements, le tableau pourrait tout de même se noircir dans les prochaines années, les lois contraignantes en matière de produits stupéfiants étant d'ores et déjà annoncées. Le secteur touristique sort tout de même la tête de l'eau. Décrit par une personne travaillant dans une agence de voyage, le parcours du secteur n'a pas été simple depuis la crise du Covid-19. Entre effondrement et redressement, depuis début 2026, les chiffres se stabilisent. En Thaïlande, où la situation énergétique est encore incertaine face à cette crise, les commerces locaux les plus répandus sentent le vent tourner.










