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5 QUESTIONS À - Nikos Michalopoulos, professeur spécialiste de la pollution atmosphérique

Par Lepetitjournal Athènes | Publié le 14/04/2014 à 22:00 | Mis à jour le 15/04/2014 à 22:05

Le 7 avril dernier, dans le cadre du Festival des Rencontres de la Terre, une conférence intitulée L'air méditerranéen au microscope. Inventer de nouveaux services pour le citoyen, était donnée à l'IFA. Nikos Michalopoulos, professeur à l'Université d'Heraklion, en Crète, et directeur de l'Institut de recherche sur l'environnement et le développement durable (IERSD) de l'Observatoire National d'Athènes (NOA), était également présent. Il nous parle de la pollution de l'air à Athènes

Lepetitjournal.com : Quels sont les facteurs de pollution dans une ville comme Athènes ?
Nikos Michalopoulos : En général, dans une grande ville comme Athènes, il y a 2 grands facteurs de pollution : la pollution locale et la pollution importée. Durant l' été, il y a autant de pollution locale que de pollution importée. En hiver, l'activité humaine est plus forte, avec le chauffage et les cheminées par exemple, la pollution importée est donc plus faible, entre 20 % a 30%. Pour le reste, il s'agit d'une pollution essentiellement locale. La pollution locale relève de l'activité humaine, des transports et de l'industrie. En hiver c'est le chauffage qui entraîne une grande majorité de la pollution locale. C'est le cas de ces deux dernières années à Athènes. La pollution importée, que l'on appelle aussi pollution régionale, provient de l'extérieur du pays. Plutôt de la Turquie, des pays du nord-est soviétique, comme la Russie ou la Bulgarie. En été, le vent fort, appelé Meltemi (le vent fort), apporte de la pollution régionale. En ville, la population est en vacances donc les activités locales sont plus faibles et la pollution locale aussi, par conséquent. 

Quelle est la particularité de la pollution des villes de Méditerranée ? 
Ce que je viens de vous dire est applicable dans toutes les villes européennes. C'est quasiment le même type de pollution partout. La particularité des villes méditerranéennes, c'est le soleil et la rareté des précipitations. La pluie diminue la pollution de l'atmosphère alors que le soleil intensifie les réactions photochimiques .

Est-ce que la proximité avec la mer améliore la qualité de l'air ?
Imaginez, si à la place de la mer, on avait un autre pays, on recevrait de la pollution de ce pays. Depuis la mer on ne reçoit rien, juste de l'air pur qui aide à diluer la pollution atmosphérique. Mais l'humidité de la mer peut parfois aider aux réactions photochimiques. Enfin, en général, le rôle de la mer est positif. La mer contribue à une dilution de la pollution qu'il pourrait avoir. 

Qu'en est-il de l'évolution de la pollution athénienne ? Comparée à Paris, Athènes est-elle + ou - polluée ?
La pollution à Athènes est arrivée à un pic dans les années 1980, avec le Néfos (nuage photo chimique d'Athènes). A partir de cette période là, des efforts pour diminuer la pollution ont été faits. Pas mal de polluants primaires (dioxyde de souffre, monoxyde de carbone?) ont diminué nettement. Pour les polluant secondaires, comme l'ozone, on ne voit pas d'amélioration. La situation est stable. Les polluants principaux d'Athènes sont les microparticules. Grâce à la crise, ces cinq dernières années, il y a eu une réduction de l'activité humaine et industrielle et donc une réduction des microparticules dans l'air. Cependant, ces deux derniers hiver, on a noté une aggravation du taux de microparticules dans l'atmosphère, à cause de l'usage non contrôlé du feu de bois. Malheureusement Athènes est aussi polluée que Paris. Avec 4 millions d'habitants à Athènes et 12 millions pour la région parisienne, la pollution ici est bien plus importante si on tient compte de la proportion de la population. Et puis, à Paris il y a la pluie tandis qu'à Athènes, le soleil entraine des réactions photochimiques plus fortes qu'en France.  

Pensez-vous que l'Anneau d'Athènes est encore une bonne solution anti-pollution ? Avez-vous d'autres solutions à proposer ? 
L'anneau d'Athènes est une mesure qui date des années 80. À cette époque, il y avait encore des vieilles voitures en circulation avec des pots non catalytiques très polluants. Depuis le début de la crise, le trafic a été diminué de 30 % et la plupart des voitures sont maintenant équipées de pots catalytiques. A mon avis, l'anneau d'Athènes ne sert plus à rien.

Il faut utiliser d'autres systèmes de chauffage, remplacer l'électricité par le gaz naturel. En effet, en Grèce, l'électricité n'est pas produite par le nucléaire comme en France mais par la combustion de charbon, par exemple, qui pollue énormément. En favorisant l'usage du gaz naturel, il y aura déjà une nette amélioration. Il faut également, faire appel au maximum à toutes les formes énergies renouvelables. Il y a beaucoup de soleil à Athènes donc il faut l'utiliser, avec des panneaux photovoltaïques qui diminueront les sources de pollution locale. En ce qui concerne, les sources régionales, il faut une plus grande collaboration avec les autres pays. Avec la Turquie et la Russie, qui ne font pas partie de l'UE, on ne peut pas faire grand chose. Ce n'est pas suffisant de mettre en place des mesures pour l'abattement de la pollution locale, il faut absolument diminuer la pollution régionale. Seules des mesures internationales pourront améliorer la qualité de l'air. Surtout l'été avec une pollution, qui, à 50%, vient de loin. 
Klervi Drouglazet (www.lepetitjournal.com/athenes) Mardi 15 avril 2014 

Retrouvez la suite de la programmation du Festival des Rencontres de la Terre sur le site web de l'évènement et sur lepetitjournal.com

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