Le 7 novembre dernier, le directeur de l'Académie de France à Rome, Eric de Chassey, a remis un rapport sur la réforme des résidences de la Villa Medici à la ministre de la Culture et la Communication. Un dossier qui trace les grandes lignes de la riforma dei borsisti et réévalue la "mission Colbert", pensée il y a plus de 40 ans pour moderniser cette emblématique institution française.

"Il faut engager une réforme en profondeur du statut des pensionnaires afin de mieux insérer leur séjour dans leur parcours professionnel", demande Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, dans une lettre adressée à Eric de Chassey, directeur de la Villa Medici, le 17 octobre 2012. Une exigence qui s'ajoute au tissage de partenariats avec des institutions internationales et à la certification du passage de chaque artiste. L'objectif est clair : faire de l'Académie de France à Rome la "nouvelle école française de l'excellence artistique" écrit-elle.

La commission a aussi souligné l'intérêt d'être au cœur d'un réseau d'établissements d'enseignement supérieur artistique français. Désormais, les portes de la Villa Medici sont ouvertes aux titulaires d'un Master 2 en Histoire de l'Art, aux élèves de l'Institut National du Patrimoine ou encore aux chercheurs postdoctoraux à l'Institut National d'Histoire de l'Art. A la fin de leur séjour, tous auront l'obligation de faire figurer la mention "Ancien pensionnaire de l'Académie de France à Rome" sur tout document biographique pendant au moins cinq ans. Aucun doute, la prestigieuse institution française à Rome cherche à gagner en visibilité.
Nouveau leitmotiv : Interdisciplinarité, excellence et internationalité
Fondée en 1666 par Louis XIV, l'Académie de France à Rome accueillait uniquement des peintres, des sculpteurs, des architectes et, au début du XXe siècle, des compositeurs de musique. En 1969, après la suppression du Prix de Rome organisé par l'Académie des Beaux-Arts, la liste continue de s'agrandir. Ecrivains, cinéastes et metteurs en scène font enfin partie des heureux pensionnaires. Quarante ans après, c'est la notion d'œuvre qui est préférée à ce découpage disciplinaire. Une autre manière de voir les choses qui permet à la création et à la formation artistiques de devenir indépendantes l'une de l'autre.

Il n'y a rien de mieux que des pensionnaires étrangers pour renforcer le caractère international de l'Académie de France à Rome. Un recrutement qui sera réalisé essentiellement par le biais du réseau français à l'étranger. Les candidats résidents en dehors de l'espace Schengen ayant des problèmes avec leur titre de séjour bénéficieront d'aménagements judiciaires pour faciliter leur venue. Une mesure qui s'ajoute au maintien de dédommagements financiers attractifs pour les artistes prodiges. Au total, entre rémunération et indemnité de résidence, un célibataire sans enfant reçoit 3.300 euros net par mois. Un coût important que la Villa Medici débourse pour rester attractive et faire face à la concurrence des autres résidences d'artistes qui fleurissent à Rome.
Sophie Lei (Lepetitjournal.com de Rome) – jeudi 5 décembre 2013
Crédits photos :
- Photo de la première page du rapport
- wikipediacommons.org
- Flickr.com - Geraint Warlow
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