L'Arena Mexico est le temple des sports de combats au Mexique. Ce soir, pas de boxe ni de lutte gréco-romaine. Il est loin l'âge d'or de la salle, sorte d'Elysée Montmartre mexicain, théâtre des plus grands combats des années 1950 et 1960. Aujourd'hui, la vraie cathédrale de Mexico pour les fanatiques, accueille deux à trois fois par semaine des combats de lucha libre, le catch mexicain
Devant un public composé de jeunes branchés amateurs de kitsch, de petits vieux nostalgiques des grandes heures de ce sport, et de gamins qu'on imagine volontiers refaire les combats à la récré, des surhommes font le show, mêlant blagues potaches et cascades. Car la lucha libre est un spectacle plus proche du cirque que d'un sport de combat. L'ambiance rappelle les descriptions des foires du début du XXe siècle où petits et grands ouvraient des yeux ronds devant femmes à barbes, hommes canons et autres lancers de nains. On se moque bien de savoir que le vainqueur du combat soit connu d'avance. Le petit peuple va à la Lucha comme on va au théâtre, pour s'esclaffer, crier et parfois pleurer.
Néanmoins les grandes heures de ce sport sont aujourd'hui derrière lui. Pas étonnant pour une ligue, le Conseil Mondial de Lucha Libre, crée en 1930 et plus vieille fédération de catch au monde. Les catcheurs ne sont plus les stars du cinéma d'action mexicain comme dans les années 1960. Les X-Men ont remplacé Santo, André Le Géant, Blue Demon où Aja Kong. Le spectacle reste certes populaire. Mais il n'y a qu'à voir les murs décrépis de l'Arena Mexico, ses tribunes au ¾ vide, et ses agents de sécurité pas de toute première fraîcheur, pour comprendre que la Lucha n'attire plus comme avant. Aller à la Lucha c'est finalement comme aller voir un grand-père à l'hôpital. On rigole bien, on aime et on peut y être heureux. Mais la complicité laisse rapidement la place à la mélancolie.
Espérons néanmoins que le grand-père vivra encore longtemps et restera le témoin éternel des ces divertissements à la sauce mexicaine, faits de bric et de broc, et de plus en plus mis à mal par les standards culturels venus du Nord.
Robin D'Angelo (www.lepetitjournal.com/Mexico) lundi 22 juin 2009
Informations pratiques :
Arena Mexico : 189 Dr. Lavista, Delegacion Cuauthémoc, Colonia Centro, metro Balderas.
Prix du billet : entre 30 et 150 pesos
Le programme est consultable sur http://www.arenamexico.com.mx/




































