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VEGANISME – "Être végétarien ne suffit pas"

 

Loué ou critiqué, le véganisme attise la curiosité. Depuis quelques années, ce mode de vie semble conquérir le monde, étant toujours plus présent sur la toile et faisant chaque jour plus d'adeptes. Qu'en est-il en Italie ? Lepetitjournal.com de Rome a rencontré les jumeaux Simone et Davide, pour eux le végétarisme ne suffit pas. 

 

Vegan à l'italienne

Encore peu connue du commun des mortels, cette pratique rassemble pourtant de plus en plus d'hommes et de femmes convaincus par les valeurs qu'elle véhicule. Un rapport Eurispes, de février 2013, fait état de 1,1% de véganes au sein de la population italienne. Si 6% des Italiens ont fait le choix du végétarisme, les Vegan augmentent d'année en année. Ainsi, ils sont 2% de plus de végétariens (vegan et végétaliens) par rapport à 2012.

Cette proportion d'adepte du régime "CrueltyFree" est identique dans de nombreux pays même si les études sur le sujet se font rares. Le Vegetarian Resource Group Asked établissait ainsi en 2009 qu'environ 3% de la population des Etats-Unis est convertie au végétarisme (dont 1% de véganes). Un rapport équivalent en Australie ? A pound of Flesh 2010- rapportait le même chiffre sur son territoire, tout comme l'INPES en France, qui comptait presque 1% de végétariens (toutes pratiques confondues) en 2008.

Plus que par soucis de santé, cette philosophie de vie est généralement motivée par une sensibilité envers les animaux et la souffrance qui leur est infligée. Pour Simone et Davide, les jumeaux de 33 ans respectivement programmateur informatique et créatif freelance, ce choix s'est opéré il y a deux ans. "En Italie, le discours végane prend toujours plus d'ampleur. Grâce à internet, les gens commencent à s'informer et à comprendre que la plupart des convictions de notre temps s'écroulent petit à petit", expliquent les deux frères. " Nous sommes ?vegan' depuis deux ans par choix éthique, parce qu'être végétarien ne suffit pas". Pour les deux hommes, ce n'est pas une simple protestation contre l'exploitation animale, le véganisme est aussi un enrichissement culturel continu. Sans oublier leur amour pour la cuisine et le sens du défi : "nous aimons tous les deux la cuisine et surtout transposer notre fantaisie et notre créativité dans les plats que nous préparons".

Vegani, verdure e grani ?

Mais le véganisme "Kesako" ? C'est plus radical que le végétarisme, pratique alimentaire qui consiste à écarter la consommation de viandes et poissons; plus poussé encore que le végétalisme qui refuse l'absorption de toute substance d'origine animale. Le véganisme exclue des pratiques quotidiennes (habillement, cosmétique, alimentation, divertissement) l'exploitation animale et les produits qui en découlent. "Être végane c'est refuser de contribuer à la torture des animaux, quelle que soit sa fin, parce que les animaux ressentent la douleur et éprouvent des sentiments. Donc comme nous, ils ont droit à une vie de bien-être à l'écart des souffrances infligées par l'Homme". Pour Davide et Simone, ce choix est une évidence, en accord avec leur convictions profondes.

Les origines de ce mode de vie remonteraient aux années 1910, quand pour la première fois un ouvrage ? No animal food, de Ruppert Wheldon ? mentionne la possibilité d'exclure les animaux de notre régime alimentaire. Mais c'est en 1944, que le "mouvement" et son nom apparaissent réellement, imaginés à partir du mot "Vegetarian" par Donald Watson, cofondateur de la Vegan Society.  Dès ses débuts, la Vegan Society s'est confrontée aux critiques des nutritionnistes et végétariens qui mettaient en avant l'impossibilité de se passer de produit laitier.

Encore aujourd'hui la diète végane (et végétalienne) divise. Certains experts assurent qu'il existe plusieurs solutions pour pallier les carences engendrées par l'absence de protéines animales. C'est le cas de l'Association Américaine de Diététique qui déclare qu'elle est adaptée à tous les moments de la vie mais que la prise de compléments alimentaires peut-être nécessaire. D'autres en revanche affirment que ce régime idéalement bénéfique pour prévenir de nombreuses maladies, comme le cancer, pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour le corps. Ainsi selon  l'INPES ? "La santé vient en mangeant"-, si le végétarisme peut être parfaitement équilibré, le végétalisme et le véganisme engendreraient à long terme des carences graves en acide aminés, fer, calcium et vitamines.

Rome, Go Vegan !

Quelles qu'en soient les conséquences, l'Italie se laisse peu à peu gagner. Rome aussi cherche à contenter tant bien que mal les adeptes de ce régime drastique. Si quelques lieux comme le Rewild (club végane de Rome) ou des associations comme le VeganRiot, organisent des événements dans la capitale, le concept n'est pas très développé.  "C'est encore compliqué de trouver des endroits qui proposent des produits adaptés, c'est pour cette raison que nous avons créé notre propre projet", avouent les jumeaux.

Pour pallier le manque de soirées, d'aperitivi ou de restaurants qui proposent ces aliments à tous, Simone et Davide ont créé The Vegustation. "En réalité il y a beaucoup de bar et locaux végétariens, mais pas ?vegan'. C'est pour répondre à cette exigence qu'est née ?The Vegustation' : une dégustation où sont proposés des plats préparés sans produits animaux, de façon à pouvoir satisfaire tout le monde". Ils espèrent maintenant séduire le public de Rome et de sa province pour leur permettre de devenir un rendez-vous fixe des soirées de la Capitale.

Les curieux et convaincus de la "CrueltyFree Food", pourront visiter Veganitalia.com ou encore VivereVegan.org. Ces sites fournissent toutes les informations nécessaires pour suivre cette pratique alimentaire sans risques et connaître les initiatives organisées sur le territoire italien.

Elise Bonnardel (www.lepetitjournal.com/rome) - Jeudi 9 mai 2013

Crédits: Photo de Simone et Davide Leo, avec leur aimable autorisation.

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