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Portrait de Stéphanie, une enfance française !

Par Julien Apaloo | Publié le 28/05/2019 à 00:00 | Mis à jour le 28/05/2019 à 00:00
stéphanie pologne

Françaises ou Polonaises francophones, elles vivent aujourd'hui leur retraite en Pologne. Témoignage précieux de l'Histoire, de vies, souvent extraordinaires. Sur une idée originale de Varsovie Accueil, ces séniors ont accepté de nous faire partager leur expérience et leur histoire. Aujourd’hui nous allons à la rencontre de Stéphanie, qui, a passé les 14 premières années de sa vie en France et en garde un souvenir impérissable !

 

Son enfance en France
 

Née en novembre 1934 de deux parents polonais installés en France, Stéphanie grandit à Argenteuil  à proximité de la Seine jusqu’au début de la deuxième guerre mondiale. Elle n’a pas dix ans lorsqu’elle doit s’installer avec ses parents et ses deux frères dans la campagne proche d’Etampes. Elle se souvient que son père, ouvrier d’usine à Argenteuil, s’était mis à travailler dans les champs et qu’ils avaient des lapins et des poules afin de continuer à se nourrir. Une période difficile pour Stéphanie qui perd sa mère à seulement neuf ans et est rapidement obligée de s’occuper de ses frères.

Elle se souvient aussi des scènes de liesse de la libération, « tout le monde chantait à la place de l’hôtel de ville» d’Etampes, s’exclame Stéphanie. La fin de la guerre correspond également à sa première affirmation puisqu’elle refuse de rentrer en Pologne avec sa famille avant la fin de son cursus primaire à Argenteuil. Elle passe donc quelques mois de plus dans la région parisienne, obtient son certificat et rentre en Pologne à l’été 1948.

 

Le retour en Pologne


Déjà en France, Stéphanie maintient un contact avec la Pologne. Lorsqu’elle va chercher du sucre en Normandie avec son père, denrée introuvable près d’Etampes, ils rencontrent beaucoup de vendeurs polonais. Ou encore lorsqu’elle côtoie l’école polonaise pour apprendre la langue et lors de ses derniers mois en France lorsque son instituteur polonais veille sur elle. Cependant elle concède : « Je ne connaissais pas la Pologne». A son arrivée en Pologne, elle regrette qu’on lui ait confisqué son passeport français, un passeport qu’elle a pu refaire il y a quelques années et voter aux dernières élections présidentielles !

« Les bus qui revenaient en Pologne s’arrêtaient dans une petite ville dans le sud » et même si son père était originaire d’un village dans les montagnes, il ne peut y retourner car les Polonais reçoivent des affectations pour une ville spécifiques et sont obligés d’y vivre. Lorsque Stéphanie rentre en Pologne, elle doit donc encore rejoindre sa famille installée à Zielona Góra, près de la frontière avec l’Allemagne. Une ville bien différente d’Argenteuil. Si la première année est difficile entre le fait de se retrouver dans un nouvel environnement et celui de ne pas maîtriser parfaitement la langue, Stéphanie s’acclimate très bien par la suite. A l’école, elle maîtrise mieux l’anglais que le polonais ou le russe. « L’Anglais a beaucoup de mots qui ressemble au français donc c’était plus facile pour moi », se souvient Stéphanie. Durant ces années, elle se rend souvent les salles de lectures françaises où elle peut lire et parler la langue qu’elle affectionne tant.

Une vie remplie


Une fois le lycée terminé, Stéphanie obtient un contrat de travail de trois ans dans une boutique de Zielona Góra, c’est à cette période qu’elle rencontre son mari. C’était l’été, lors d’un tournoi de sport, « il faisait du volley-ball et moi du basket-ball», raconte notre sénior. Ensuite, après ses trois années de travail, « on s’est installé à Varsovie», se souvient Stéphanie. Dans la capitale elle met sa maîtrise du français à profit en tant que traductrice et mène une vie paisible avec son mari et ses deux filles nées dans les années 60. « Je me rappelle qu’on allait en Bulgarie, en Yougoslavie l’été c’était sympa», nous dit Stéphanie pour qui la période communiste reste un sujet tabou.

Aujourd’hui Stéphanie aime passer son temps à lire des livres en français « pour ne pas le perdre». Elle s’amuse aussi à découvrir les technologies du 21ème siècle, le siècle connecté. Que ce soit avec sa tablette ou lorsqu’elle communique par Skype avec sa fille ainée installée au Canada, sa petite-fille canadienne et ses arrière-petits-enfants canadiens ! Une joie immense pour Stéphanie qui garde « des bons souvenirs» de sa vie en France.

Julien Apaloo

Le Petit Journal Varsovie offre l'alliage entre mes deux objectifs de mon année de césure : une expérience en journalisme avec un séjour à l'étranger !
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