Édition internationale

Télétravail : ces villes espagnoles qui éclipsent Madrid et Barcelone

Le matin, certains ouvrent leur ordinateur face à la Méditerranée avant d’aller déjeuner au soleil. D’autres terminent leur journée de travail à quelques minutes d’une plage volcanique ou d’un centre historique animé. Pour une nouvelle génération de télétravailleurs européens, l’Espagne idéale ne ressemble plus forcément à Madrid ou Barcelone.

cité des arts et des sciences à Valencecité des arts et des sciences à Valence
@Visit Valencia. / Cité des arts et des sciences, Valence.
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 27 mai 2026

Selon le nouveau rapport Holafly 2026 consacré aux nomades digitaux, trois villes espagnoles figurent désormais parmi les dix meilleures destinations du monde pour télétravailler : Valence, Las Palmas de Gran Canaria et Séville. Un classement qui confirme une tendance de fond : les télétravailleurs recherchent davantage la qualité de vie que les grandes capitales saturées.

L’étude, réalisée à partir d’une enquête menée auprès de 1.000 travailleurs à distance dans dix pays, évalue plusieurs critères déterminants dans le choix d’un lieu de vie : qualité de la connexion internet, coût de la vie, sécurité, infrastructures de coworking, communauté internationale ou encore facilité administrative.

 

Valencia, le nouveau paradis méditerranéen du télétravail

C’est Valence qui signe la meilleure performance espagnole en décrochant la troisième place mondiale, derrière Gênes et Bari, en Italie.

Depuis plusieurs années déjà, la capitale valencienne s’impose comme l’un des grands hubs européens du travail à distance. Son principal atout : l’équilibre. Suffisamment grande pour offrir une vraie vie culturelle, économique et internationale, mais encore assez respirable pour conserver une qualité de vie que beaucoup estiment perdue à Madrid ou Barcelone.

La ville séduit autant pour ses infrastructures modernes que pour son atmosphère méditerranéenne. Entre les plages urbaines, les kilomètres du jardin du Turia, les espaces de coworking en plein essor et une communauté internationale toujours plus visible, Valence coche presque toutes les cases du télétravail idéal.

 

L’histoire du Turia à Valencia : d’un fleuve à un jardin

 

Le coût de la vie, encore relativement contenu malgré la hausse des loyers observée ces dernières années, reste aussi un argument de poids pour de nombreux expatriés et travailleurs nomades. À cela s’ajoute une excellente connexion avec le reste de l’Espagne grâce à l’AVE, qui permet de rejoindre Madrid en un peu moins de deux heures.

 

Las Palmas, l’utopie du « work and surf »

Plus au sud, Las Palmas de Gran Canaria continue de renforcer sa réputation auprès des télétravailleurs européens. La ville canarienne apparaît à la huitième place mondiale du classement.

Là, le climat devient un argument économique à part entière. Avec des températures douces toute l’année, une bonne connexion internet et un rythme de vie plus apaisé que sur le continent, Las Palmas attire depuis plusieurs années une génération de travailleurs mobiles qui cherchent à concilier carrière et bien-être.

Le phénomène est devenu si visible que la ville s’est peu à peu imposée comme l’une des capitales européennes du « work and surf ». Après une journée de visioconférences ou de travail en coworking, beaucoup rejoignent directement la plage de Las Canteras, considérée comme l’une des plus belles plages urbaines d’Europe.

L’île bénéficie d’un écosystème déjà “mature” pour les nomades digitaux : colivings, espaces de coworking, événements internationaux et importante communauté étrangère facilitent l’installation des nouveaux arrivants.

 

Séville, la surprise andalouse

Séville ferme le top 10 mondial, mais confirme surtout l’attractivité croissante des grandes villes andalouses auprès des télétravailleurs.

Longtemps perçue comme une destination touristique ou culturelle, la capitale andalouse développe désormais une offre tournée vers le travail à distance. Espaces de coworking, infrastructures modernisées, mobilité douce et coût de la vie plus abordable que dans les grandes métropoles espagnoles renforcent son attractivité.

Mais ce qui séduit surtout à Séville, c’est l’expérience de vie. Télétravailler depuis la ville andalouse, c’est vivre dans un centre historique vibrant, profiter d’une vie sociale intense et garder à proximité les paysages naturels de Doñana ou de la Sierra Norte. Dans une Europe où le coût du logement explose dans de nombreuses capitales, Séville apparaît ainsi comme une alternative plus humaine et plus accessible.

 

Séville, l’Andalouse qui fait chavirer le cœur des Français 

 

Madrid et Barcelone, victimes de leur succès ?

L’absence de Madrid et Barcelone dans ce classement constitue sans doute l’un des enseignements les plus marquants du rapport Holafly.

Pendant longtemps, les deux métropoles ont incarné le rêve espagnol des expatriés et des travailleurs internationaux. Mais la montée des prix, la saturation touristique, les difficultés de logement et le rythme de vie parfois jugé épuisant poussent une partie des télétravailleurs à regarder ailleurs.

Les villes moyennes gagnent du terrain. Plus respirables, souvent plus vertes et moins coûteuses, elles répondent davantage aux attentes d’une génération qui privilégie l’équilibre entre travail et vie personnelle.

Le sud de l’Europe semble d’ailleurs concentrer cette nouvelle géographie du télétravail. L’Italie domine largement le classement avec six villes présentes dans le top 10, tandis que l’Espagne confirme son statut de place forte européenne du nomadisme digital.

Selon Holafly, plus de 40 millions de personnes dans le monde travailleraient aujourd’hui à distance depuis différents pays. Une tendance qui continue de transformer profondément la manière de choisir où vivre.

Le rêve du télétravail ne se joue plus forcément dans les grandes capitales. Il se construit désormais dans des villes où l’on peut encore rouler à vélo, déjeuner en terrasse et voir la mer après une réunion Zoom.

 

Les 10 meilleures villes du monde pour télétravailler en 2026

(selon le rapport Holafly sur les nomades digitaux)

  1. Gênes
  2. Bari
  3. Valence
  4. Québec
  5. Catane
  6. Florence
  7. Palerme
  8. Las Palmas de Gran Canaria
  9. Rome
  10. Séville

 

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