Édition internationale

L'Espagne franchit le cap des 15 millions d'animaux de compagnie

Chiens, chats, lapins, oiseaux ou reptiles : les animaux de compagnie occupent une place toujours plus importante dans les foyers espagnols. Selon la première Statistique nationale sur la protection animale publiée par le gouvernement, leur nombre a progressé de 14 % en cinq ans pour dépasser les 15 millions en 2025.

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LPJ Valence (c)
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 18 juin 2026

Dans les foyers espagnols, les compagnons à quatre pattes, et parfois à plumes ou à écailles, n'ont jamais été aussi nombreux. Selon les premiers résultats de la Statistique nationale sur la protection animale dévoilés par le ministère des Droits sociaux, de la Consommation et de l'Agenda 2030, l'Espagne compte désormais 15,17 millions d'animaux de compagnie enregistrés. En cinq ans, leur nombre a bondi de 14 %, signe d'une place toujours plus importante accordée aux animaux dans la vie quotidienne.

Sans surprise, le chien reste l'animal préféré des Espagnols. Avec 7,56 millions d'individus, il représente près d'un animal de compagnie sur deux. Les chats arrivent en deuxième position avec 5,62 millions d'animaux recensés, soit 37 % du total. Derrière ce duo de tête, près de deux millions de lapins, oiseaux, tortues, reptiles et autres petits compagnons complètent le tableau.

 

En Espagne, le chat avance à pas feutrés

Le chien reste solidement installé sur le trône. Mais le chat grignote du terrain. Depuis 2021, les foyers espagnols ont accueilli plus d'un million de félins supplémentaires, contre environ 665.000 chiens. Une progression qui dessine une nouvelle géographie de l'animal de compagnie. Même si le rapport de force reste largement en faveur du meilleur ami de l'homme.

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Photo : LPJ Valence (c)

 

Plus de chiens que d'enfants

C'est sans doute la donnée la plus révélatrice de l'étude. En Espagne, on compte aujourd'hui davantage de chiens que d'enfants de moins de 14 ans. D'un côté, 7,56 millions de compagnons à quatre pattes ; de l'autre, environ 6,3 millions de jeunes Espagnols.

Plus qu'une curiosité statistique, ce croisement des courbes raconte une évolution profonde : celle d'une société vieillissante où l'animal de compagnie s'est peu à peu installé au cœur de la cellule familiale.

 

L'Espagne des animaux a sa géographie

L'Andalousie confirme son statut de terre d'adoption des animaux de compagnie. Avec plus de 3,26 millions d'animaux enregistrés, elle concentre à elle seule plus d'un cinquième du cheptel domestique espagnol. Derrière elle, la Catalogne frôle les deux millions d'animaux, tandis que la communauté de Madrid s'en approche également.

La Communauté valencienne occupe la quatrième place avec 1,53 million d'animaux enregistrés. Un chiffre qui la place dans un club très restreint : seules quatre régions espagnoles dépassent aujourd'hui le seuil symbolique du million d'animaux de compagnie.

À l'autre bout du classement, les villes autonomes de Ceuta et Melilla, ainsi que La Rioja, affichent des effectifs bien plus modestes. Mais elles se distinguent par une autre particularité. Alors que le chien règne sans partage dans le reste du pays, les chats y sont plus nombreux que leurs amis canins. Une exception qui fait de ces deux enclaves espagnoles d'Afrique du Nord les seuls territoires où le félin a pris l'avantage dans les registres officiels.

 

Les animaux, nouvel enjeu de protection civile

Cette photographie inédite de la population animale espagnole n'est qu'un début. Sa publication répond à une obligation inscrite dans la loi sur le bien-être animal adoptée en 2023, qui prévoit la mise en place d'outils statistiques permettant de mieux connaître et suivre la réalité de la détention d'animaux de compagnie dans le pays. Le ministère des Droits sociaux assure que ce travail sera approfondi dans les prochains mois, en lien avec les communautés autonomes, les collectivités locales, les professionnels du secteur et les associations de protection animale.

Les autorités s'intéressent aussi à une question particulièrement sensible ces dernières années : le sort des animaux lors des catastrophes naturelles. Réuni cette semaine à Madrid, le Conseil national de la protection animale a ainsi étudié un protocole destiné à améliorer leur prise en charge en cas d'urgence.

Ce dispositif doit permettre aux communautés autonomes d'intégrer plus efficacement les animaux de compagnie dans leurs plans de protection civile. Une préoccupation qui a pris une résonance particulière en Espagne après les récents épisodes climatiques extrêmes, notamment la DANA qui a frappé la région de Valence à l'automne 2024. Au-delà du lourd bilan humain, les inondations avaient laissé derrière elles des milliers d'animaux perdus, abandonnés ou séparés de leurs propriétaires, révélant les limites des dispositifs de prise en charge en situation d'urgence.

Si l'État commence aujourd'hui à les intégrer dans ses plans d'urgence, c'est aussi parce que leur place a changé. Présents dans des millions de foyers, les animaux de compagnie sont désormais bien plus qu'un sujet domestique. En Espagne, chiens et chats ne sont plus seulement des compagnons du quotidien. Ils sont désormais reconnus comme des êtres à protéger, au cœur d'un droit animal en pleine construction.

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