À Valencia, le succès de l’IVAM ne tient pas seulement à sa place dans les classements. Depuis plus de trente ans, le musée s’est imposé comme un acteur structurant du paysage culturel, capable de conjuguer exigence artistique, inscription territoriale et dialogue avec les grands récits de l’art moderne et contemporain. Une trajectoire construite sur le temps long, loin des effets de mode, qui éclaire sa reconnaissance actuelle.


C’est désormais une habitude, presque une signature. Pour la cinquième année consécutive, l’IVAM confirme sa place de première institution culturelle de la Communauté valencienne. Selon l’Observatoire de la Culture 2025 de la Fondation Contemporánea, le musée valencien s’impose une nouvelle fois dans le paysage national, en intégrant le top 15 des institutions culturelles espagnoles. Classé 14e, il progresse par rapport à 2024 et atteint 10,8 % de mentions, son meilleur score depuis son entrée dans le classement.
L’IVAM, une institution culturelle majeure en Espagne
Présenté au Palais des Festivals de Cantabrie, le classement national rassemble 110 institutions et événements culturels à l’échelle du pays. L’IVAM y figure aux côtés des références du secteur, emmené par le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, le Museo del Prado et le Festival international du film de Saint-Sébatien. Dans un paysage culturel très concurrentiel, cette progression valide la cohérence du projet artistique porté par le musée valencien.
Le rapport classe également l’IVAM parmi « Los Imprescindibles », catégorie réservée aux propositions culturelles jugées incontournables au niveau national. Une distinction qui consolide sa place parmi les musées de référence en art moderne et contemporain.
Un rôle moteur dans la Communauté valencienne
Au-delà du classement national, l’Observatoire désigne l’IVAM comme l’emblème culturel de la Communauté valencienne, autrement dit la proposition la plus marquante du territoire. Une distinction qui accompagne le retour de Valencia parmi les villes les plus dynamiques sur le plan culturel, désormais quatrième au niveau national, derrière Madrid et Barcelone, et devant Málaga.
Cette reconnaissance s’appuie aussi sur une année 2025 particulièrement dense sur le plan artistique. Parmi les expositions saluées par le public et les professionnels figurent la rétrospective dédiée à Soledad Sevilla, l’exposition de l’artiste américaine Kara Walker, ou encore celle de la photographe Cristina García Rodero, Prix national de photographie, présentée jusqu’au 8 février.
Un lieu de pensée, pas seulement de passage
Inauguré en 1989, l’IVAM est le premier musée d’art moderne ouvert en Espagne. Installé dans le quartier historique du Carmen, son implantation a contribué à la transformation et à la revitalisation de ce secteur du centre de Valencia. Conçu par les architectes valenciens Carlos Salvadores et Emilio Jiménez, le bâtiment s’étend sur 18.200 m² et comprend huit galeries consacrées aux collections et aux expositions temporaires.
L’un de ses espaces les plus singuliers, la Sala de la Muralla, intègre au parcours muséal les vestiges de l’ancienne muraille médiévale du XIVᵉ siècle. La collection permanente couvre un large arc chronologique, de l’avant-garde historique de 1914 aux formes contemporaines actuelles. Elle s’articule notamment autour de deux figures structurantes, Julio González et Ignacio Pinazo, et rassemble des œuvres d’artistes majeurs tels que Robert Rauschenberg, Antoni Tàpies, Cindy Sherman, Yves Klein, Mona Hatoum, Annette Messager, Alexander Calder ou James Turrell.
À cette collection s’ajoute une politique de médiation culturelle active, fondée sur des dispositifs inclusifs et collaboratifs, qui traduit la volonté de l’IVAM de demeurer un lieu ouvert, en prise avec son époque et attentif à la diversité de ses publics. À Valencia, l’IVAM rappelle qu’un musée peut encore être un lieu de pensée, pas seulement de passage.
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