Entre recomposition des marchés, montée en puissance des visiteurs américains et virage assumé vers un tourisme plus durable, Valence ajuste sa stratégie. Décryptage d’une fréquentation qui évolue autant qu’elle se maintient.


Malgré un début d’année plombé par l’épisode de Dana, Valencia tient son rang. Selon les estimations de la Fondation Visit València, la ville a terminé 2025 autour de six millions de nuitées, un niveau comparable à celui de 2024, alors même que la fréquentation internationale a marqué le pas.
Nuitées en hausse côté espagnol, en retrait à l’international
Les chiffres de l’Institut national de la statistique (INE), arrêtés à novembre, dessinent un paysage contrasté. Les nuitées nationales progressent de 5,1 %, pour atteindre 1,85 million, soit un tiers du total. À l’international, en revanche, le mouvement s’inverse : les nuitées reculent de 5,2 %, à 3,7 millions, représentant encore 67 % de l’ensemble.
Le coup de frein s’explique en grande partie par un premier quadrimestre malmené par les intempéries, qui ont surtout affecté les marchés étrangers. Sans effondrement toutefois : la demande tient, et avec elle l’image d’une destination capable d’absorber les secousses.
Européens d’abord, Américains ensuite
Entre janvier et novembre 2025, l’Espagne conserve sa place de premier pourvoyeur de visiteurs à Valence, avec 1,85 million de personnes. L’Italie suit à distance (579.970), devant les Pays-Bas (443.279), l’Allemagne (319.503) et le Royaume-Uni (316.342).
La vraie inflexion vient d’outre-Atlantique. Les États-Unis s’installent à la sixième place, avec 264.362 visiteurs, passant devant la France (249.167). Un signal fort pour un marché long-courrier en pleine montée en puissance, qui pèse désormais près de 5 % des nuitées. Plus loin dans le classement, la Belgique, la Suisse, l’Irlande, la Pologne, le Portugal ou l’Autriche complètent la carte des origines.
Cap sur FITUR 2026 et les grands projets à venir
Valencia regarde déjà plus loin. Du 21 au 25 janvier, la ville fera vitrine à FITUR 2026, au parc des expositions IFEMA, où la municipalité et Visit València viendront dérouler le récit de l’année à venir. Culture, sport, gastronomie… Le tout sous le slogan « València. Mejor esta vida », conçu pour installer la ville comme un incontournable urbain du bassin méditerranéen.
Dans la besace, plusieurs projets structurants : la troisième année jubilaire du Saint Calice, la réhabilitation de la basilique des Saints-Jean, l’ouverture du Roig Arena, mais aussi de nouveaux lieux culturels, du musée Sorolla à l’Espai Valdés.
Le sport ne sera pas en reste, avec l’accueil des Gay Games en juin, et bien sûr la gastronomie continuera de jouer son rôle d’ambassadrice, portée par le World Paella Day, désormais solidement installé dans le calendrier international.
Tourisme durable et congrès responsables à Valencia
Pour la conseillère municipale au Tourisme, Paula Llobet, FITUR reste un passage stratégique. Près de 70 rendez-vous professionnels sont programmés avec offices de tourisme, agences, tour-opérateurs et médias spécialisés, et un objectif clair : consolider la visibilité internationale de Valencia et attirer un tourisme plus qualitatif, respectueux de l’identité locale et des habitants.
Cette ligne sera confortée par la remise à Visit València du prix FITURNext – Reto 2026, qui récompense des initiatives liées à la gestion durable de l’eau et à l’environnement rural. La ville y dévoilera aussi Zentropy MICE, un projet inédit en Europe qui entend repenser le tourisme de congrès pour en faire un outil de retombées économiques, sociales et environnementales durables.
Au fil des chiffres, des salons et des labels, Valencia poursuit sa mue : une destination toujours attractive, désormais tournée vers des marchés plus lointains et un modèle touristique qu’elle veut plus maîtrisé.
Sur le même sujet













