Renfe et Ouigo prévoient 343 suppressions entre le 29 octobre et le 2 novembre. Trains concernés, services minimums, remboursements : ce qu'il faut savoir.


À l'approche de la Toussaint, les voyageurs ferroviaires espagnols vont devoir revoir leurs plans. Entre le jeudi 29 octobre et le lundi 2 novembre 2026, Renfe et Ouigo annoncent 343 suppressions de trains de moyenne distance, longue distance et grande vitesse. Les réseaux de banlieue seront également perturbés, notamment à Madrid, Barcelone et Valence.
Deux conflits sociaux se succèdent. Le premier touche Renfe, où les conducteurs sont appelés à une grève de 24 heures, jeudi 29 octobre. Le second concerne Ouigo, avec deux journées de mobilisation les 30 octobre et 2 novembre. Les négociations se poursuivent, mais les services minimums sont déjà fixés.
Grève chez Renfe : quels trains circuleront le 29 octobre en Espagne ?
Jeudi, 321 trains ne figurent pas parmi les circulations maintenues au titre des services minimums : 228 en moyenne distance et 93 en grande vitesse ou longue distance.
Sur les 346 trains AVE et longue distance initialement programmés, 253 doivent circuler, soit 73 % du service. En moyenne distance, 425 trains sur 653 sont maintenus, l'équivalent de 65 % de l'offre habituelle.
Les Cercanías, ces trains de banlieue empruntés chaque jour par des centaines de milliers de voyageurs, seront également touchés. Les services minimums nationaux prévoient 75 % des circulations aux heures de pointe et 50 % le reste de la journée.
En Catalogne, les règles diffèrent. Selon la Generalitat, les Rodalies et trains régionaux fonctionneront à 66 % aux heures de pointe, de 6 h à 9 h 30 et de 17 h à 20 h 30, contre seulement 33 % le reste du temps.
À Madrid, Valence ou Barcelone, ces pourcentages ne garantissent donc pas le maintien de chaque liaison. Mieux vaut vérifier les horaires de sa ligne avant de rejoindre la gare.
Ouigo : 22 trains annulés pendant le pont de la Toussaint
Les perturbations se poursuivront dès le vendredi 30 octobre chez Ouigo. La compagnie française fait face à un mouvement distinct, également lancé par le syndicat de conducteurs SEMAF.
Pour les journées de grève des 30 octobre et 2 novembre, les services minimums ont été fixés à 71 %. Sur les 77 trains programmés, 55 doivent circuler. Douze sont annulés vendredi, dix autres lundi.
Les suppressions concernent notamment des liaisons entre Madrid et Valence, Murcie, Séville ou Málaga. En revanche, Ouigo assure qu'aucun train de son axe Madrid–Saragosse–Barcelone ne sera supprimé du fait de cette mobilisation.
La compagnie indique avoir déjà prévenu les voyageurs concernés par courrier électronique. Ceux-ci peuvent demander un changement de billet sans frais ou son remboursement.
Le conflit pourrait se prolonger : d'autres arrêts de travail partiels sont annoncés les 6 et 9 novembre, puis les 4 et 8 décembre, à l'occasion de nouveaux ponts.
Train annulé ou retardé : quels remboursements et indemnisations ?
Un train supprimé ne prive pas le voyageur de ses droits. Dans un communiqué publié le 27 octobre, l'Organisation espagnole des consommateurs (OCU) rappelle qu'en cas d'annulation, le passager peut réclamer le remboursement de son billet ou, dans les conditions prévues par la réglementation, un transport alternatif jusqu'à sa destination.
Une disposition espagnole mérite une attention particulière. Si l'annulation n'est pas expressément notifiée au moins quatre heures avant le départ, le voyageur peut prétendre à une indemnisation équivalente au double du prix de son billet, sauf pour les trajets de Cercanías, selon l'OCU.
Pour les voyageurs qui poursuivent leur trajet malgré un retard, le règlement européen prévoit des indemnisations minimales :
- 25 % du prix du billet pour un retard à l'arrivée compris entre 60 et 119 minutes.
- 50 % du prix du billet à partir de 120 minutes de retard.
Ces indemnisations ne se cumulent pas automatiquement avec le remboursement intégral d'un voyage auquel le passager a renoncé. Des exceptions existent selon le service ferroviaire et les circonstances.
Autre point à connaître : une grève du personnel de la compagnie ferroviaire n'est pas considérée, en elle-même, comme une circonstance extraordinaire permettant à l'opérateur de s'exonérer de ses obligations d'indemnisation.
Comment vérifier son train et faire valoir ses droits ?
Avant de partir, le premier réflexe consiste à vérifier le numéro et l'horaire exacts de son train. Les pourcentages de services minimums donnent une idée de l'ampleur des perturbations, mais ne permettent pas de savoir si une liaison particulière sera assurée.
Renfe publie les dispositions applicables sur son site officiel. En Catalogne, les voyageurs peuvent consulter les horaires particuliers des Rodalies et des lignes régionales. Les clients Ouigo sont invités à vérifier leurs courriels et les informations associées à leur réservation.
En cas d'annulation ou de retard, la réclamation doit d'abord être adressée à la compagnie auprès de laquelle le billet a été acheté. Conserver son titre de transport, les notifications reçues et les justificatifs des frais supplémentaires — transport, restauration ou hébergement — facilitera les démarches.
Si l'opérateur ne propose pas de réacheminement dans les délais prévus par la réglementation européenne, le voyageur peut, sous certaines conditions, organiser lui-même un trajet alternatif en transport public et demander le remboursement des frais raisonnables engagés.
Pour ceux qui doivent prendre un avion, rejoindre leur famille ou rentrer chez eux, mieux vaut donc contrôler sa réservation avant le départ et conserver les preuves de toute perturbation.
Reste l'issue des négociations. Chez Renfe, le syndicat SEMAF dénonce le blocage d'engagements pris en matière de sécurité ferroviaire, notamment après les accidents d'Adamuz et de Gelida. L'entreprise affirme, de son côté, avoir rempli les obligations qui lui incombaient. Chez Ouigo, le conflit porte principalement sur l'organisation du travail et l'application de la convention collective.
À la veille de la première journée de grève, aucun accord n'a encore permis de lever les préavis. Les voyageurs devront suivre l'évolution de la situation jusqu'à leur départ.
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