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Joan Miró, l’expo la plus attendue cette année à Valencia est à l‘IVAM

Par Shirley SAVY-PUIG | Publié le 16/02/2018 à 12:32 | Mis à jour le 01/05/2019 à 22:00
Photo : L'exposition de Joan Miró à l'Institut Valencien d'Art Moderne est certainement la plus attendue en 2018 (Photo©LPJV)
Joan Miro, institut valencien d'art moderne, IVAM

Ce jeudi 15 février a marqué l’ouverture de l’exposition la plus attendue à Valence cette année : Joan Miró – Orden y Desorden. Plus de 200 œuvres de l’artiste ʺCatalan internationalʺ comme il se plaisait lui-même à se définir, sont à découvrir au sein de l’Institut Valencien d’Art Moderne jusqu’au 17 juin prochain.

 

Dévoiler la facette la plus hétérodoxe de l’artiste

Joan Miró est l’un des plus grands représentants de la peinture espagnole du XXe siècle. Entré dans la culture populaire grâce à la création de certains logos – l’affiche pour la coupe du monde de football en 1982 c’est lui, l’étoile de la banque Caixa c’est encore lui – ses œuvres sont exposées dans les plus grands musées du monde et bien entendu, au sein des deux fondations éponymes à Barcelone et Palma de Majorque.

Je m'accroche encore plus à ce que nous avons toujours dit, la peinture de chevalet sert uniquement à faire une pause et à obtenir une poésie - c'est déjà beaucoup - mais nous ne devons aller vers des choses de grande envergure et collective, presque anonymes. (Joan Miró, 1947)

A l’occasion du 125e anniversaire de sa naissance, c’est l’Institut Valencien d’Art Moderne (IVAM) qui a décidé de lui dédier une exposition pour la toute première fois. Peintures, sculptures, dessins, céramiques, affiches et autres pièces liées aux arts scéniques, ce sont ainsi plus de 200 œuvres en provenance d’une quinzaine d’institutions nationales ou internationales comme le Musée de la Reina Sofia ou le Musée Thyssen Bormemisza qui sont présentées à travers 5 salles.

Salle de l'exposition Miro
Trois des œuvres de l'exposition Orden y Desorden (Photo©IVAM) 

 

L’ordre et le désordre comme reflet d’une personne méthodique et ingénieuse

Le nom de l’exposition, Orden y Desorden, renvoie bien entendu à la personnalité complexe de Joan Miró. Extrêmement méthodique comme en attestaient de nombreux documents de l’époque, il confronta sa rigueur à un désir d’expérimentation. Et bien que Miró souhaitât « assassiner la peinture » en 1927, il ne cessa de peindre durant 45 ans.

Si la première salle aborde les premières années de l’artiste où règne l’ordre et un certain académisme artistique, les quatre salles suivantes laissent éclater toute l’habileté créatrice du catalan, grâce, notamment, à des projections vidéo du peintre en pleine action.

« Nous ne voulions pas faire un mausolée pour un génie, mais refléter l'esprit critique et le questionnement de l'art qui caractérisait Miró » a résumé José Miguel G. Cortés, le Directeur de l’IVAM lors de la présentation de cette exposition le mercredi 14 février. Un pari réussi puisque l’exposition reflète à merveille l’évolution du peintre et ses différentes périodes.

Nous ne voulions pas faire un mausolée pour un génie, mais refléter l'esprit critique et le questionnement de l'art qui caractérisait Miró.

La France et Miró, bien plus qu’une histoire d’amour

Tout comme son contemporain Pablo Picasso, catalan comme lui, Joan Miró entretient un lien indéfectible avec la France et plus spécialement avec Paris où il vécut une grande partie de sa vie.

Une des affiches de Joan Miro appelant les Français à aider les Espagnols pendant la période Franquiste
Une des affiches de Joan Miro appelant les Français à aider les Espagnols pendant la période Franquiste (Photo©LPJV)

 

Le Commissaire de l’exposition, Joan Maria Minguet, docteur en histoire de l’art et professeur à l’Université autonome de Barcelone nous a expliqué ce rapport : « Le lien entre la France et Joan Miró est tel que, pendant plusieurs années, au MOMA de New York, sur les cartons de présentation des tableaux était indiqué ʺJoan Miró, peintre français né en Espagneʺ. En 1920, Miró décide de partir vivre à Paris parce qu’à Barcelone, à la fin des années 1910, son œuvre n’avait pas d’issue ; sa première exposition avait été un échec et c’est après qu’il décide d’aller en France. Son arrivée à Paris est difficile puisque durant quatre années, il n’a pas réussi à développer sa trajectoire. Cependant, il s’est confronté à un Paris ʺbestialʺ. Il existe une anecdote selon laquelle il habitait rue Blomet et avait pour voisin André Masson. Devenu son ami, ce dernier l’a présenté à Robert Desnos ou Antonin Artaud, toute une série de personnages qui finirent au bout de quelques années par consolider le surréalisme. C’est à partir de cette époque que Miró obtint le soutien d’un marchand d’art et en 1925, il fit une première exposition qui lui réussit. Mais c’est surtout en 1928 où il expose à la galerie George Bernheim qu’il eut un succès retentissant et c’est à ce moment que commença le ʺmythe Miróʺ qui s’est développé en bonne partie en France grâce aux galeristes qu’il avait et à la connaissance que Miró a toujours eu des milieux de l’arts en France. »

Plusieurs œuvres de Miró sont ainsi parsemées de touches françaises et bon nombre d’entre elles possède des titres français comme la célèbre sculptures « Monsieur et Madame » de 1969, appartenant au Museum Boijmans van Beuningen de Rotterdam et présente à l’IVAM à l’occasion de cette exposition.

L'oeuvre Monsieur et Madame au premier plan et Tela Cremada au fond
La sculpture Monsieur et Madame au premier plan et la peinture Tela Cremada suspendue au fond (Photo©LPJV)

 

Grandiose, phénoménale, incontournable, éclatante : les superlatifs ne manquent pas pour décrire l’exposition la plus attendue à Valence pour cette année 2018. Pour vous faire votre propre opinion sur l’artiste et ses œuvres, vous avez jusqu’au 17 juin.

Façade de l'IVAM à Valencia
(Photo©IVAM)

Exposition Joan Miró - Orden y Desorden, du 15 février au 17 juin 2018

Adresse : Galerie 1 de l'Institut Valencien d'Art Moderne, calle Guillem de Castro , 118. 

Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 19h30 et les vendredis jusqu'à 21h.

Tarifs : Entrée 6€, étudiants 3€, retraités et personnes à mobilité réduite entrée gratuite

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Shirley SAVY-PUIG

Parisienne de naissance mais Valencienne d'adoption depuis sa plus tendre enfance, cette touche-à-tout aime mettre en lumière la culture espagnole et les personnalités francophones de talent.
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