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UNIVERSITE- Tout savoir sur le LMD

La réforme LMD concerne aujourd'hui la totalité des universités et la plupart des grandes écoles. Retour sur les grands principes de cet ambitieux chantier qui vise à harmoniser et à comparer les études en Europe

Avec le LMD, les formations se décomptent en semestres, eux-mêmes découpés en UE (unités d'enseignement) : regroupements de cours, TD... Une licence s'organise sur six semestres et un master sur quatre semestres après la licence. Chaque semestre, les étudiants doivent valider 30 crédits. Il faut donc 180 crédits pour obtenir une licence et 120 crédits supplémentaires pour le master.

Intérêt des crédits : ils sont capitalisables (acquis à vie), et surtout transférables d'une fac à l'autre ou d'un pays à l'autre, car c'est une unité de valeur commune à tous les pays d'Europe qui appliquent le LMD.

LMD : la licence, un premier palier

Le premier cycle à l'université est donc désormais validé par une licence, délivrée après six semestres d'études. Les licences décernées dans le cadre du LMD doivent théoriquement permettre une orientation plus progressive. Il s'agit d'éviter les erreurs d'aiguillage au départ (on s'inscrivait en psychologie ou STAPS sans savoir vraiment de quoi il retournait) et de permettre à l'étudiant de choisir sa discipline en connaissance de cause, c'est-à-dire en ayant commencé à l'étudier.

Concrètement, les universités proposent désormais un (voire deux) premier semestre généraliste au cours duquel l'étudiant aborde diverses disciplines d'un même secteur. Si le principe d'un semestre de tronc commun est appliqué dans les facultés scientifiques, en sciences humaines, les universités associent souvent deux matières (histoire-sociologie ou philosophie-lettres), charge ensuite à l'étudiant de choisir l'une ou l'autre comme discipline principale.

Si la licence générale ne vise pas l'insertion sur le marché du travail mais constitue un premier palier vers des études plus longues (master ou plus), la réforme LMD a innové avec l'ouverture des licences professionnelles, destinées aux jeunes qui veulent travailler directement. On y accède après deux années de licence (mais aussi un BTS ou un DUT), et l'objectif est d'acquérir en une année une spécialisation et une expérience professionnelle grâce notamment à un stage long de 12 à 16 semaines.

LMD : le master, pour travailler ou viser la recherche mode d'emploi

C'est la poursuite naturelle des diplômés en licence, choisie par deux tiers d'entre eux (enquête du ministère de l'Éducation nationale, juin 2007). Organisé sur quatre semestres (soit deux ans) après une licence validée, le master sanctionne donc un bac + 5.

On distingue le master recherche, qui représente une première étape vers une thèse, du master professionnel, qui, comme son nom l'indique, vise le marché de l'emploi. Ce dernier comprend un stage de trois à six mois et des cours plus orientés vers l'entreprise, alors que le master recherche nécessite la rédaction d'un mémoire.

Face à l'abondance de masters dispensés par les universités, il importe de bien se renseigner avant de s'inscrire : quel est le programme, qui sont les enseignants, où les étudiants des années précédentes ont-ils effectué leur stage, existe-t-il des enquêtes d'insertion professionnelle des diplômés ?...

LMD : le doctorat, une voie au long cours

Il prolonge le master recherche. Il s'étale au minimum sur six semestres supplémentaires. Choisir un doctorat nécessite une forte motivation pour trouver le laboratoire et le directeur de thèse qui va vous accueillir et bien vous encadrer, un sujet de thèse intéressant, un financement...

Si l'insertion professionnelle des docteurs est globalement satisfaisante dans les sciences dures, elle est plus délicate dans certaines disciplines telles que la chimie ou les sciences humaines.

LMD : et en dehors de l'université ?

La plupart des autres filières de l'enseignement supérieur ont également adopté ce modèle. C'est le cas par exemple des instituts d'études politiques (IEP), mais également des écoles supérieures de commerces sur prépas et des écoles d'ingénieurs, tous délivrant un diplôme ayant le grade de master (bac + 5).

En école d'architecture, la réforme a conduit à un diplôme d'État d'architecte en cinq ans conférant le grade de master, une sixième année étant nécessaire pour obtenir la capacité à exercer la maitrise d'œuvre qui permet à l'architecte de signer son bâtiment et d'en être légalement responsable.

Dans le secteur paramédical, le dossier du LMD progresse. C'est ainsi que le diplôme d'État d'infirmier a été reconnu au grade de licence en 2009. Il ne l'était jusqu'à présent qu'à bac + 2, alors que la formation dure trois ans après le bac. Concrètement, et pour décrocher leur diplôme, les étudiants en soins infirmiers devront obtenir 180 crédits ECTS : 60 délivrés suite à des stages, un peu plus de 60 délivrés par les IFSI (instituts de formation aux soins infirmiers), un peu moins de 60 par les universités. Un tiers des enseignements seront coordonnés par les universités avec lesquelles les quelque 350 instituts auront passé convention.

Au final, trois grandes filières ne sont pas encore intégrées dans le système LMD : il s'agit des classes préparatoires aux grandes écoles, des BTS et des DUT.

de notre partenaire L'Etudiant (www.lepetitjournal.com) vendredi 23 octobre 2009
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