Édition internationale

À Tokyo, la Renaissance Française distingue quatre figures du dialogue franco-japonai

Dans les salons de la Résidence de France à Tokyo, la francophonie s’est une nouvelle fois illustrée à travers des parcours d’exception. Mercredi 11 mars 2026, la délégation japonaise de La Renaissance Française a distingué quatre personnalités dont l’engagement contribue, chacune à sa manière, à nourrir le dialogue entre la France et le Japon.

Médaille d’or de la Renaissance FrançaiseMédaille d’or de la Renaissance Française
Médaille d’or de la Renaissance Française - © B.Chapiron
Écrit par Bruno Chapiron
Publié le 16 mars 2026

 

Organisée grâce à la bienveillance de Béatrice Le Fraper du Hellen, ambassadrice de France au Japon, la cérémonie s’est tenue à la Résidence de France à Tokyo devant un public composé d’élus locaux, de représentants du monde associatif, culturel, universitaire et économique. Dans une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse, les invités ont célébré ces parcours qui, chacun à leur manière, font vivre les liens entre les deux pays.

Depuis 2019, ces distinctions honorent celles et ceux qui participent activement à la diffusion de la langue française, de la culture et des valeurs francophones dans l’archipel.

La cérémonie a également été marquée par une minute de silence en mémoire des 22 332 victimes du séisme et du tsunami qui ont frappé l’est du Japon le 11 mars 2011. Fidèle à son esprit de solidarité, La Renaissance Française a tenu à associer cette édition à un hommage respectueux aux disparus.

 

Béatrice Le Fraper du Hellen
Mme Béatrice Le Fraper du Hellen, ambassadrice de France au Japon, et Mme Françoise Moréchand-Nagataki - © B.Chapiron

 

Des parcours emblématiques du dialogue franco-japonais

Quatre personnalités ont été récompensées lors de cette huitième édition, dont les trajectoires singulières témoignent de la vitalité et de la diversité des échanges culturels entre la France et le Japon.

La médaille d’or de la Renaissance Française a été attribuée à Françoise Moréchand-Nagataki et à Hayao Miyazaki, deux figures dont les parcours, très différents, illustrent chacun une influence culturelle durable.

Installée au Japon depuis la fin des années 1950, Françoise Moréchand-Nagataki a joué un rôle pionnier dans la diffusion de l’art de vivre français. Ancienne directrice de la beauté de Chanel, essayiste et personnalité médiatique bien connue du public japonais, elle s’est imposée au fil des décennies comme une véritable médiatrice culturelle. Par ses émissions, ses ouvrages et ses activités de conseil, elle a contribué à familiariser plusieurs générations de Japonais avec la mode, l’esthétique et l’histoire françaises. Son parcours, marqué par de nombreuses distinctions françaises et japonaises, témoigne d’un engagement constant au service des échanges entre les deux pays.

 

M. Kiyofumi Nakajima
M. Kiyofumi Nakajima directeur du Studio Ghibli et M. Sumihiko Seto, président de la Renaissance Française au Japon - © B.Chapiron

 

Autre figure majeure honorée cette année, le réalisateur et animateur Hayao Miyazaki, cofondateur du Studio Ghibli, dont l’œuvre a profondément marqué l’histoire du cinéma d’animation mondial. Depuis Nausicaä de la Vallée du Vent jusqu’à ses créations les plus récentes, ses films ont conquis un public international tout en abordant des thèmes universels tels que la protection de la nature, la paix ou la place des femmes dans la société. Son travail entretient également un dialogue artistique ancien avec la France, comme en témoigne l’exposition qu’il réalisa à Paris avec le dessinateur Moebius ou encore le projet de tapisseries inspirées de ses films à Aubusson.

 

Hayao Miyazaki, souffrant, n’a toutefois pas pu assister à la cérémonie. Le réalisateur s’est fait représenter par le directeur du Studio Ghibli, venu recevoir la distinction en son nom et transmettre ses remerciements à l’assemblée.

 

Kazuyoshi Yoshikawa
Prise de parole de M. Kazuyoshi Yoshikawa - © B.Chapiron

 

Littérature et gastronomie comme passerelles culturelles

Deux autres distinctions ont récompensé des contributions majeures au rayonnement de la culture française.

La médaille d’or du Rayonnement culturel a été remise au spécialiste de littérature française Kazuyoshi Yoshikawa. Universitaire de renom, ancien professeur à l’université de Kyoto, il est considéré comme l’un des plus grands spécialistes mondiaux de Marcel Proust. Son travail monumental de traduction intégrale d’À la recherche du temps perdu en japonais, réalisé sur près d’une décennie, a permis à un vaste public de lecteurs japonais d’accéder directement à l’une des œuvres majeures de la littérature française.

 

Atsushi Nakajima
M. Atsushi Nakajima, Mme Sanaé Hisada et M. Sumihiko Seto - © B.Chapiron

 

Enfin, la médaille d’or des Valeurs francophones a été décernée à la fromagère japonaise Sanaé Hisada, pionnière de la diffusion de la culture fromagère française au Japon. Fondatrice de la chaîne de boutiques « Royaume du Fromage », elle a contribué à faire découvrir au public japonais la richesse et la diversité des terroirs français. Son parcours, qui l’a également conduite à ouvrir une fromagerie à Paris et à collaborer avec de nombreux maîtres affineurs, illustre la manière dont la gastronomie peut devenir un puissant vecteur d’échanges culturels.

 

 

Une diplomatie culturelle vivante

Fondée en 1915, La Renaissance Française poursuit aujourd’hui sa mission de promotion de la culture, de la solidarité et de la francophonie à travers le monde. La délégation japonaise, créée en 2018, s’est progressivement imposée comme un acteur important du dialogue culturel entre Paris et Tokyo.

Au fil des discours et des témoignages des lauréats, une idée s’est imposée comme un fil conducteur de la cérémonie : au-delà des distinctions, ce sont avant tout des trajectoires humaines qui racontent la relation franco-japonaise, faite de curiosité intellectuelle, de création artistique et de transmission des savoirs.

Alors que la réception se poursuivait autour d’un cocktail dans les salons de la résidence, les conversations se mêlaient naturellement en français et en japonais. Une scène familière à Tokyo, et sans doute la meilleure illustration de l’esprit que La Renaissance Française s’efforce de faire vivre depuis plus d’un siècle.

Pour plus d’informations, visitez le site de Renaissance Française au Japon.

 

Les lauréats et les membres de la Renaissance Française au Japon
 Les lauréats et les membres de la Renaissance Française au Japon - ©  B.Chapiron

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