Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste du Japon. Matthieu Séguéla se présente pour la liste Ensemble au Japon. Interview.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Je suis professeur au Lycée français international de Tokyo et chercheur associé à l'Institut français de recherches sur le Japon (MEAE-CNRS). Père d'un enfant franco-japonais, je vis à Tokyo. Je me suis toujours investi dans le monde associatif, notamment comme président de Français du monde - ADFE puis délégué général d'une association mémorielle. Grâce à divers engagements citoyens, j'ai été élu par mes compatriotes conseiller des Français de l’étranger pour le Japon.
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
Un conseiller est un élu local de proximité qui représente ses compatriotes auprès de l'ambassade et des deux consulats à Tokyo et à Kyoto. Son rôle est de défendre les intérêts des Français en votant ou en donnant des avis sur des sujets précis : les bourses scolaires, les aides sociales, la sécurité... Un conseiller est fort de sa légitimité d'élu pour intervenir auprès de l'administration. Il est force de proposition. C'est comme cela que sont nés l'Organisme local d'entraide et de solidarité (OLES-Japon) et le Forum des îlotiers. Il faut des élus avec des idées et la capacité de les mettre en œuvre. Le conseiller est là aussi pour aider dans des dossiers complexes (ex. : les retraites...). Il siège dans les instances des lycées français. Grand électeur, un conseiller élit les 12 sénateurs des Français de l'étranger. Ce sont des relais nationaux importants. Enfin, à « Ensemble au Japon », nous avons fait le choix d'informer tous les Français recensés via l'envoi d'une Infolettre trimestrielle et un site. Nous sommes les seuls à le faire. Avec votre soutien, nous continuerons !
À « Ensemble au Japon », nous avons fait le choix d'informer tous les Français recensés via l'envoi d'une Infolettre trimestrielle et un site. Nous sommes les seuls à le faire. Avec votre soutien, nous continuerons !
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Notre liste « Ensemble au Japon » repose sur un principe fort : le « nous » plutôt que le « je ». Ainsi, nous avons instauré une rotation des élus afin d’exercer le mandat de conseiller(e) à tour de rôle. Ce fonctionnement original nous impose la vertu d’un travail collégial et de prises de décisions à la majorité. Chacun apporte son expérience et son énergie lors de l’accomplissement du mandat. De plus cela garantit une réelle parité femmes-hommes contrairement au scrutin de mai 2026, qui pourrait donner lieu à l’élection de quatre hommes pour quatre sièges pendant une période de six ans. Grâce à la rotation du mandat, une alternance existera entre des femmes et des hommes. Les femmes occuperont le poste d’élue pendant la moitié du mandat.
Grâce à la rotation du mandat, une alternance existera entre des femmes et des hommes. Les femmes occuperont le poste d’élue pendant la moitié du mandat.
Voici une approche plus éclairée et respectueuse de la société, écartant les pratiques d’immobilisme liées aux mandats prolongés et à la rente des indemnités. Cette rotation redynamise concrètement la scène politique locale et offre un rajeunissement des élus. Cette démocratie tournante fonctionne au Japon depuis sa création en 2014. Sur les six listes concurrentes, « Ensemble au Japon » est la seule à l'appliquer.

Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
La communauté française au Japon est en constante augmentation depuis des années et dépasse les 13 000 personnes en 2026 avec une répartition de 10 000 à Tokyo / Japon de l'Est et du Nord et 3 000 à Kyoto / Japon de l'Ouest et du Sud. Aussi, être nombreux à participer aux élections permet de mettre en pratique notre civisme. Et de peser davantage dans les débats et les négociations avec nos interlocuteurs des différentes administrations françaises.
La communauté française au Japon est en constante augmentation depuis des années
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Nos compatriotes sont confrontés à un double défi : celui de la jeunesse et de la vieillesse. Pour les enfants, trois enjeux principaux existent :
1) Le renforcement du lien à la langue et à la culture françaises qui s’érode. Davantage de dispositifs linguistiques, même en lycées français et d’associations FLAM sont indispensables
2) Les menaces qui pèsent sur la santé et la concentration des enfants avec l’addiction aux écrans et aux réseaux, causes fréquentes du harcèlement. Le dispositif « Portable en pause » doit être généralisé.
3) Face aux incivilités dans un pays où les lois sont de plus en plus sévères, une prévention accrue est essentielle. En complément, nous proposons le retour de la Journée Défense et Citoyenneté, la création d’une Réserve éducative, un Conseil consulaire des jeunes et « le 14 juillet des enfants ».
A l'autre bout de la chaîne de la vie, nous souhaitons engager une réflexion sur les problématiques liées au vieillissement que ce soit au Japon ou en France si on envisage de revenir au pays. Il y a trois axes majeurs:
1) Vieillir au Japon quand on est Français (accès aux soins, aux maisons de retraite, accompagnement administratif, isolement, dépendance et aides sociales)
2) Retourner vieillir en France (retraites, recouvrement des droits sociaux, liens avec administration japonaise...)
3) Voir sa famille vieillir en France et les difficultés d'assumer ses responsabilités quand on vit au Japon.
Nous n'oublions pas d'autres sujets tout aussi importants au Japon comme la sécurité, la vie démocratique et associative, l'environnement etc... pour lesquels nous avons des propositions.
















