Édition internationale

THEATRE – Bintou de Koffi Kwahulé, une pièce sur l'intégration

Hier soir sur la scène de la Malersalen du Théâtre National était présentée la pièce Bintou de Koffi Kwahulé dans le cadre du Festival de la francophonie 2009. Un texte qui au travers du thème de l'excision parle d'intégration. Le spectacle avait la forme d'une lecture bilingue en français et en norvégien suivie d'un débat avec l'auteur


De gauche à droite : Marte Engebrigtsen, Koffi Kwahulé, Nicole Dogué, Håkon Ramstad et Mette Brandtzeg (photo : T.G. SoKT)


Hier, mardi 10 mars, le Théâtre National présentait dans le cadre du Festival de la francophonie 2009, une lecture bilingue en français et en norvégien de Bintou, la pièce la plus célèbre du dramaturge d'origine ivoirienne Koffi Kwahulé. Cinq scènes avaient été sélectionnées et mises en scène par Mette Brandtzeg. Sur les planches de la Malersalen, quatre chaises, quatre lecteurs : la comédienne française Nicole Dogué, deux acteurs du Théâtre National, Marte Engebrigtsen et Håkon Ramstad, et l'auteur lui-même.
Rapidement les voix se mêlent livrant en deux langues le texte poétique et sensuel de Koffi Kwahulé. La pièce, qui traite du thème de l'excision, raconte l'histoire de Bintou, jeune adolescente en révolte contre l'autorité familiale, et chef du gang Les Lycaons. Pour la soumettre, sa famille ne voit qu'une solution : faire appel à la dame au couteau.
A l'origine du texte, figure une commande de la Maison du Geste et de l'Image, un centre de recherche et d'éducation artistique parisien dont l'objectif est de faciliter les rencontres entre le monde de l'école et celui des créateurs. Le résultat en fut une pièce de trente minutes à destination des lycéens intitulée ? et son petit ami l'appelait Samiagamal. Éprouvant le besoin de prolonger le propos, Koffi Kwahulé a ensuite créé Bintou.

Une pièce qui au travers de l'excision aborde le thème de l'intégration

A l'issue de la lecture, l'auteur a répondu aux questions de la salle. En voici deux extraits.
Intégration : « Les valeurs du pays dont je viens ne sont pas toujours compatibles avec celles de la société qui m'accueille. Cela ne veut pas dire qu'il s'agit de se nier soi-même mais de réaliser qu'on est rentré dans une autre dynamique où il faut créer un autre type d'individu capable de vivre dans cette société. Traiter de l'excision est une manière de traiter cette question-là. »
Norvégien : « La pièce a été traduite dans une dizaine de langues. Jusqu'à présent les langues qui me semblaient le mieux correspondre à la rythmique de la pièce étaient l'anglais et l'italien. Mais depuis que je suis ici, j'ai l'impression que la pièce a été écrite pour le norvégien parce qu'il y a des inflexions qui épousent mieux ma propre respiration. Et comme c'est une langue que je n'avais jamais entendue de ma vie et qui est très éloignée de toutes les langues dont j'ai l'habitude, il y a également une dimension très sensuelle. »

Thierry GUENIN (www.lepetitjournal.com Oslo) mercredi 11 mars 2009
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Koffi Kwahulé est né en 1956 en Côté d'Ivoire. Il a commencé ses études théâtrales à Abidjan et les a poursuivies en France où il est installé depuis une trentaine d'années. Titulaire d'un doctorat d'études théâtrales de la Sorbonne Nouvelle, il a écrit une vingtaine de pièces. Écrivain, mais aussi metteur en scène et comédien, il est aujourd'hui l'un des dramaturges africains les plus joués. L'on peut lire à son sujet sur le site www.theatre-contemporain.net : « Dès ses premiers textes apparaît une écriture forte, qui dynamite l'usage habituel de la langue : écriture charnelle, conçue dans la violence immédiate que peut avoir l'oralité dans sa dynamique de parole abrupte;écriture musicale, obsédante, brûlante et saccadée comme un rythme enfiévré de jazz. »
Son premier roman Babyface publié en 2006 lui a valu le Grand Prix Ahmadou Kourouma et le Grand Prix Ivoirien des Lettres.

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