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La Thaïlande prépare un plan médicaments en cas de prolongation de la crise

Le ministère thaïlandais de la Santé publique déploie en ce moment un plan en trois phases pour sécuriser l'approvisionnement en médicaments face aux tensions au Moyen-Orient.

Médicaments dans la mainMédicaments dans la main


 

Le 23 mars 2026, le ministère thaïlandais de la Santé publique a présenté son plan avec une clarté inhabituelle : les prix des médicaments vont augmenter car c'est inévitable. La Food and Drug Administration a déjà consulté les laboratoires pharmaceutiques qui ont confirmé que les stocks restent, pour l'instant, suffisants. Cependant, la warfarine inquiète particulièrement. Cet anticoagulant utilisé par des milliers de patients cardiaques est importé d'Israël, l'un des points critiques du conflit moyen-oriental actuel. Les livraisons de warfarine arrivent encore mais le ministère prépare des alternatives venues d'Inde, de Chine et d'Europe si le conflit s'installe dans la durée. Les procédures d'enregistrement pour ces substituts seront par ailleurs accélérées. Autre point de tension : les liquides de dialyse péritonéale, une technique qui filtre le sang des insuffisants rénaux via l'abdomen, doivent être conditionnés dans des conteneurs en plastique aux normes de fabrication très strictes, stériles et chimiquement compatibles avec un liquide injecté directement dans le corps. Si le fournisseur habituel cesse de livrer, on ne peut commander ailleurs du jour au lendemain. Les autorités étudient déjà la possibilité de réutiliser les contenants ou de les remplacer par des emballages alternatifs.

 

Un plan en trois temps

 

Le plan prévoit des ajustements dans les hôpitaux : la télémédecine devrait passer de 10% à 30% des consultations ambulatoires, les ordonnances seront renouvelées tous les un à deux mois plutôt que tous les quatre, avec livraison à domicile, et les établissements sont invités à réduire leur consommation d'énergie et à installer des panneaux solaires. À court terme, le ministère mise sur la négociation des prix à l'échelle nationale et sur la liste des médicaments essentiels pour limiter les dépenses. À moyen terme, au-delà de six mois, une approche plus méthodique et collaborative permettra de mutualiser les ressources entre régions. À long terme, au-delà de douze mois, la Thaïlande veut produire davantage de médicaments localement, signer des contrats d'approvisionnement pluriannuels et déployer un tableau de bord centralisé pour surveiller les prix et prévenir la thésaurisation. Le secrétaire permanent adjoint du ministère de la Santé publique, le Dr Ekachai Piensriwatchara, a précisé que des mesures supplémentaires étaient encore en cours de finalisation et devaient être annoncées dans les prochains jours.

Le docteur Somruek Chungsaman, secrétaire permanent du ministère, a tenu à rassurer : il ne s'agit pas de baisser la qualité des soins mais de s'assurer que si la prochaine livraison n'arrive pas, personne ne se retrouve sans rien. La Thaïlande n'est pas en guerre mais elle commence à se préparer à un enlisement du conflit.

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