Des soldats thaïlandais ont défendu ce temple du XIIe siècle au prix de leur vie. Bangkok veut désormais en faire une destination culturelle.


Deux cents danseurs en costume traditionnel, des délégations venues de vingt villages… Le mercredi 22 avril 2026, le Prasat Ta Kwai avait des airs de fête. Il y a quatre mois, l'armée cambodgienne y avait établi une base de tir.
C'est dans ce décor que la ministre de la Culture, Sabeeda Thaised, et le ministre de la Défense, le général de corps d'armée Adul Boonthumjaroen, ont co-présidé la cérémonie organisée par la municipalité de sous-district de Bak Dai, dans le district de Phanom Dong Rak, à Surin. Bain d'une statue de Bouddha, dépôt de couronnes, prières pour les soldats morts au combat : le programme mêlait le deuil à l'annonce touristique.
Un temple sorti de l'oubli par la guerre
Sanctuaire khmer à tour unique en grès, daté des XIe-XIIIe siècles, le Prasat Ta Kwai était peu connu avant les affrontements de juillet 2025. Les forces cambodgiennes l'ont occupé, transformé en dépôt d'armes et creusé des tranchées autour de sa fondation, déstabilisant la structure au point que les bombardements de décembre ont emporté la flèche centrale. Dix jours ont été nécessaires aux forces thaïlandaises pour reprendre le contrôle de la zone et des mines jonchent encore le périmètre. Après inspection des ruines en janvier, le département des Beaux-Arts estime à environ deux ans la durée de restauration, à condition que le déminage soit achevé et que les équipes puissent accéder au site.
Un calendrier décalé
La ministre a confirmé mercredi que des plans de restauration ont été élaborés et qu'un financement a été soumis. Avant que les archéologues puissent s'installer, le ministre de la Défense a listé ce qui manque encore : des routes praticables, des réseaux, des télécommunications. Les relevés de terrain ne débuteront pas avant l'exercice budgétaire 2027, soit octobre 2026 au plus tôt.
D'ici là, le Prasat Ta Kwai reste inaccessible. La municipalité de sous-district de Bak Dai parle de futur « pôle culturel et artistique ». Pour l'heure, seuls les soldats y circulent.
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