Face à la contamination persistante de plusieurs cours d'eau du nord de la Thaïlande, des organisations environnementales demandent à l'ambassadeur de Chine de venir constater les dégâts sur le terrain.


La mobilisation prend de l'ampleur dans le nord de la Thaïlande. Plusieurs réseaux de défense de l'environnement ont officiellement invité l'ambassadeur de Chine à visiter les rivières Kok, Sai, Ruak et Mékong, touchées depuis plusieurs mois par une pollution aux métaux lourds qui inquiète les habitants et les autorités locales. Cette invitation intervient alors que les inquiétudes grandissent concernant les conséquences environnementales et sanitaires de la contamination observée dans plusieurs cours d'eau transfrontaliers reliant la Birmanie à la Thaïlande.
Une pollution qui inquiète les populations locales
Les rivières du nord du pays constituent une ressource essentielle pour les communautés locales. Elles alimentent l'agriculture, la pêche et les activités touristiques de plusieurs provinces, notamment Chiang Mai et Chiang Rai. Mais depuis plusieurs mois, les analyses réalisées par les autorités thaïlandaises révèlent la présence récurrente d'arsenic à des niveaux supérieurs aux normes recommandées dans certaines portions des rivières Kok et Sai. Cette situation a conduit les habitants à limiter l'utilisation directe de l'eau et à réclamer davantage de mesures de protection.
Les activités minières dans le viseur
Selon les organisations environnementales, l'origine de cette pollution se situerait en amont, dans des zones minières de l'État Shan en Birmanie. Plusieurs associations dénoncent des exploitations insuffisamment contrôlées qui rejetteraient des substances toxiques dans les bassins versants alimentant les rivières traversant ensuite la Thaïlande. Les militants estiment que cette contamination ne constitue plus seulement un problème local mais une véritable question environnementale régionale nécessitant une coopération entre plusieurs pays.
Une invitation adressée à Pékin
À travers leur démarche, les défenseurs de l'environnement souhaitent sensibiliser directement les autorités chinoises. Ils demandent à l'ambassadeur de Chine de constater sur place l'ampleur de la situation et d'engager un dialogue avec les communautés affectées. Les associations considèrent que la Chine pourrait jouer un rôle important dans la recherche de solutions, notamment en encourageant davantage de contrôle et de transparence dans les activités minières liées aux chaînes d'approvisionnement régionales.
Un enjeu régional
Au-delà de la Thaïlande, cette affaire illustre les défis croissants liés à la gestion des ressources naturelles dans le bassin du Mékong. Les cours d'eau traversent plusieurs frontières et les conséquences environnementales d'une activité économique peuvent rapidement affecter des millions de personnes vivant en aval. Pour les associations mobilisées, seule une coopération régionale renforcée permettra de garantir la préservation de ces rivières essentielles à l'équilibre écologique et au développement économique de la région.












