Après deux accidents mortels en deux jours sur des chantiers ferroviaire et autoroutier, le Premier ministre thaïlandais a demandé la résiliation des contrats signés avec l’entreprise concernée.


Ce qui devait arriver arriva. Cette fois c’en est trop. Le Premier ministre thaïlandais par intérim met fin aux contrats signés avec Italian-Thai Development Plc (ITD), après les deux accidents mortels survenus en deux jours sur les chantiers de une voie ferrée et d’une autoroute.
Rétablir la confiance du public et rassurer les investisseurs étrangers
Depuis la Maison du Gouvernement, d’où il s’exprimait après une réunion d'urgence sur la sécurité des chantiers, Anutin Charnvirakul a déclaré que ces événements avaient suscité l'inquiétude générale et représentaient un grave danger pour les vies et les biens. Il a donc ordonné au ministère des Transports d'annuler les contrats d’ITD, d'engager des poursuites judiciaires et de mettre l'entrepreneur sur liste noire, sur avis du Conseil d'État et du Bureau du Procureur général. Il a déclaré que cette action visait à rétablir la confiance du public et à rassurer les investisseurs étrangers.
Anutin Charnvirakul s'est dit préoccupé par le fait que le même entrepreneur ait été impliqué dans de multiples accidents graves au cours des 10 derniers mois, notamment l'effondrement du bâtiment de la Cour des comptes à Bangkok, lors du tremblement de terre qui avait durement touché la Birmanie au printemps 2025 et, dans une moindre mesure, secoué la Thaïlande.
Trouver un nouvel entrepreneur
Concernant le projet de train à grande vitesse où une grue s'est effondrée mercredi 14 janvier sur un train de voyageurs dans le district de Sikhio de la province de Nakhon Ratchasima, la construction est achevée à 85 % selon le Premier ministre et un nouvel entrepreneur sera chargé de terminer les travaux. On imagine qu’il en sera de même pour le chantier de l’autoroute qui surplombe la route Rama II.
Les lois doivent être revues
Anutin Charnvirakul a exprimé son inquiétude quant aux lois régissant la construction et les entrepreneurs. « Je crois que les lois régissant la construction et la surveillance des entrepreneurs doivent être revues, a-t-il déclaré. Prenez l'exemple du bâtiment SAO (la tour effondrée à Bangkok fin mars, ndlr) : le contrat n'a pas été annulé et les problèmes restent non résolus. Aucune amende n'a été imposée et il n'y a toujours pas de date d'achèvement. Tous les contrats comportent des garanties, pourtant aucune mesure n'a été prise. La construction sur le site de SAO a été arrêtée, mais aucune sanction n'a été appliquée à l'entrepreneur. Aucune mise sur liste noire n'a été effectuée et aucun abandon de travaux n'a été déclaré. Or, le même entrepreneur est impliqué dans l'incident sur la route Rama Il. » Et celui de la voie de chemin de fer… Concernant cet accident précisément, Anutin Charnvirakul a précisé que la compagnie nationale des chemins de fer devait elle aussi prendre sa part de responsabilité, garante qu’elle est de la sécurité des passagers.
Je demande au procureur général de donner son avis
« J'ai peut-être parlé longuement, a-t-il conclu, mais c'est le seul endroit au monde où de tels incidents se sont produits deux jours de suite. Ces accidents sont similaires et le même entrepreneur est responsable. J'exhorte cette réunion à prendre des mesures concrètes. S'il y a des problèmes avec le contrat, je demande au procureur général de donner son avis pour nous permettre d'aller de l'avant. »
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