Édition internationale

Le programme d’Anutin Charnvirakul jugé trop vague par les milieux économiques

La déclaration de politique générale du Premier ministre thaïlandais, le 9 avril 2026, a suscité davantage de réserves que d'adhésion. Quelques jours plus tard, le constat des milieux économiques est unanime…

Anutin Charnvirakul Anutin Charnvirakul
Écrit par La rédaction de Thaïlande
Publié le 14 avril 2026, mis à jour le 15 avril 2026


 

La Fédération des industries thaïlandaises (FTI) a publiquement demandé au gouvernement de recentrer ses priorités. Son président par intérim, Kriengkrai Thiennukul, estime que les politiques annoncées doivent être « adaptées à la situation » créée par la guerre au Moyen-Orient, qui fait monter les prix du brut et désorganise les approvisionnements. Il réclame un soutien ciblé vers les opérateurs de transport public, qu'il place parmi les secteurs les plus vulnérables à la hausse des coûts énergétiques.

L'économiste Anusorn Thammajai, également député du Parti du Peuple, ajoute la construction à la liste des urgences. Les prix élevés du carburant ont ralenti les chantiers publics et privés, et certains entrepreneurs abandonnent leurs contrats faute de marges. Il identifie par ailleurs la corruption comme un « coût caché » qui pèse sur les classements de crédit internationaux depuis des décennies. « Les investisseurs hésiteront à investir ici », a-t-il averti.

 

Il faut des objectifs quantifiables

 

Dans sa déclaration, Anutin Charnvirakul avait promis d'utiliser l'intelligence artificielle pour détecter les irrégularités et de supprimer les étapes administratives superflues. L'économiste indépendant Aat Pisanwanich ne conteste pas ces orientations mais pose une exigence : chaque politique doit être assortie d'un indicateur précis et d'une date. Réduire les coûts de production agricoles, par exemple, devrait signifier une baisse d'au moins 20% d'ici 2026. « Soutenir les PME à l’export » devrait se traduire par un objectif de 10% de croissance des ventes à l'étranger dans l'année. « Si le gouvernement ne peut pas définir d’objectifs quantifiables, le pays stagnera », a-t-il résumé.

Mais c’est le président de l'Association des exportateurs de riz, Chookiat Ophaswongse, qui formule le doute le plus direct : les propositions ressemblent à celles du gouvernement précédent. Il réclame une coordination effective entre le ministère du Commerce et celui de l'Agriculture, et l'association du secteur privé, agriculteurs, exportateurs et transformateurs, à l'élaboration des stratégies.

Le gouvernement a tout de même, rappelons-le, pris deux engagements datés : adopter une loi sur les « super licences » d’ici 180 jours et abroger les textes obsolètes d’ici un an.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos