Deux mois après les élections du 8 février, le Premier ministre a présenté jeudi 9 avril 2026 sa déclaration de politique générale devant les deux chambres du Parlement réunies en séance conjointe.


Soixante-huit minutes. Anutin Charnvirakul avait du temps et il l'a pris. Jeudi 9 avril au matin à Bangkok, le chef du gouvernement a déroulé, devant les deux chambres réunies, une déclaration mêlant ambitions nationales et engagements plus concrets. Sa coalition totalise 292 sièges sur 500 à la Chambre des représentants, elle prend pleinement ses fonctions à l'issue du débat parlementaire prévu vendredi 10 avril.
Ce que le discours promet, et quand
Parmi les annonces les plus saillantes, la réforme de la conscription surprend par sa précision : 100.000 soldats volontaires, sous contrat de quatre ans et rémunérés, pour remplacer partiellement un service militaire obligatoire organisé par tirage au sort, que beaucoup contestent depuis des années. Sur le plan législatif, le Premier ministre s'est enfermé dans des délais publics. Une loi sur les « super licences » dans les 180 jours, qui permettrait à une entreprise d'obtenir toutes ses autorisations administratives en un seul dossier et, d'ici un an, un grand texte « de ménage » pour abroger les lois obsolètes qui freinent l'économie thaïlandaise. Des chercheurs du Thailand development research institute (TDRI) citent par exemple la loi anti-jeux de hasard, vieille de 60 ans, ou la loi sur le tourisme, qui ne reconnaît toujours pas les locations de type Airbnb.
Le conflit au Moyen-Orient plane aussi sur le discours. Anutin Charnvirakul promet une gestion active des prix du carburant et une aide accélérée aux ménages les plus exposés à la hausse des coûts de l'énergie, tout en relançant le populaire programme de co-paiement « Khon La Khrueng Plus ».
Visa, Cambodge et corruption
Le gouvernement change de ton sur les exemptions de visa. La révision annoncée vise explicitement à couper les circuits financiers des réseaux d'escroquerie et des groupes criminels transnationaux qui en auraient profité. Sur le Cambodge, Anutin Charnvirakul promet de régler le différend frontalier par la voie diplomatique, tout en accélérant la révision d'un accord maritime signé en 2001, que Bangkok juge caduc.
Reste un angle mort. La dette des ménages thaïlandais, parmi les plus élevées d'Asie et pourtant identifiée comme l'un des axes prioritaires du discours, n'a débouché sur aucun mécanisme précis. De quoi alimenter le débat à suivre.












