La Thaïlande s'apprête à taxer tous les petits colis importés dès le premier baht. Une mesure présentée comme protectrice pour les PME mais dont la facture risque de tomber sur les acheteurs.


Fini les achats à 50 bahts livrés directement depuis Shenzhen sans frais de douane. Le département des douanes thaïlandais prépare la suppression de l'exemption fiscale applicable aux envois postaux de moins de 1.500 bahts, un décret de 1987 que l'essor du commerce électronique transfrontalier a transformé en brèche béante. À l'époque, les envois postaux internationaux étaient rares et d'un volume limité. Aujourd'hui, des millions de colis transitent chaque mois sous ce seuil de 1.500 bahts, permettant à des plateformes étrangères d'écouler leurs produits en Thaïlande sans acquitter le moindre droit de douane. Le directeur général du département, Phantong Loykulnanta, assume la rupture. Les droits s'appliqueront désormais dès le premier baht, avec un plafond légal pouvant atteindre 40% sur de nombreux petits colis. L'État espère en tirer 300 millions de bahts de recettes supplémentaires chaque mois.
Une réforme taillée pour les industriels
Le projet a été élaboré en concertation avec la Fédération des industries thaïlandaises et la Chambre de commerce de Thaïlande, deux organisations qui représentent les intérêts des producteurs locaux, pas ceux des acheteurs. Le gouvernement l'inscrit dans sa stratégie économique « 10 Plus », sans que l'impact sur le pouvoir d'achat des ménages ne soit mentionné. L'argument avancé est celui de l'équité commerciale : les vendeurs étrangers ne louent pas d'entrepôts locaux, n'utilisent pas les infrastructures logistiques du pays et livrent directement au consommateur final en profitant de l'exemption. Ce que le discours officiel omet, c'est que des millions de Thaïlandais se tournent vers ces plateformes précisément parce que les prix y sont accessibles comme nulle part ailleurs sur le marché local.
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