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Le ciel thaïlandais paralysé par les tensions au Moyen-Orient : 1.000 vols annulés

Les tensions moyen-orientales bloquent les routes commerciales et l'aviation mondiale traverse l'une des plus grandes crises de son histoire. La Thaïlande en subit les conséquences avec l'annulation de plus de 1.000 vols.

Avion soleil couchantAvion soleil couchant
Écrit par Baptiste PICOT
Publié le 19 mars 2026


 

Le déclenchement du conflit au Moyen-Orient a provoqué la fermeture immédiate de l'espace aérien d'au moins huit états tels que l'Iran, Israël, l'Irak, la Jordanie, le Qatar, Bahreïn, le Koweït ou les Émirats arabes unis. Selon le cabinet d'analyse Cirium, environ 24% des vols à destination du Moyen-Orient ont été annulés dès le premier jour de tension et près de la moitié des liaisons vers le Qatar et Israël ont été purement supprimées. Conséquence, plus d'un million de personnes se sont retrouvées bloquées dans les aéroports du Golfe en raison de la fermeture des espaces aériens qui a cloué au sol plus de 20.000 avions en quelques jours. L'industrie mondiale du voyage, évaluée à 11.700 milliards de dollars, n'avait pas connu de telles turbulences depuis les attentats du 11 septembre 2001.

 

Et la Thaïlande dans tout ça ?

 

Pour la Thaïlande, le bilan s'alourdit semaine après semaine et, depuis le 28 février 2026, l'AEROTHAI comptabilise avec précision les dégâts. En clair, plus de 1.000 vols de compagnies moyen-orientales ont disparu des écrans radars soit près de 3% du trafic total qui traverse l'espace aérien du royaume. À Suvarnabhumi, grand aéroport de Bangkok, plus de 600 rotations ont été supprimées ce qui représente 1.200 vols. Phuket, vitrine balnéaire du pays et porte d'entrée de millions de touristes du Golfe et d'Europe, comptabilise plus de 400 annulations de rotations soit 800 vols. De Krabi à Chiang Mai en passant par Don Mueang, aucun aéroport thaïlandais n'est épargné par la secousse. Au-delà du seul trafic moyen-oriental, c'est toute la dynamique du secteur aérien thaïlandais qui est remise en cause. Surachai Nuprom, directeur général par intérim de l'AEROTHAI, a indiqué le 18 mars 2026 que la hausse du trafic pour l'ensemble de l'année 2026 ne devrait pas dépasser 3% par rapport à 2025, une prévision en retrait par rapport aux projections d'avant-crise qui anticipaient un rebond plus vigoureux du tourisme, parfois vital pour les économies en Asie du Sud-Est.

 

Le Moyen-Orient : un double hub stratégique

 

La flambée des prix du pétrole aggrave encore la situation. Les compagnies aériennes voient leurs coûts d'exploitation grimper et répercutent mécaniquement la hausse du carburant sur leurs tarifs, contraignant des géants comme Emirates et Etihad à opérer au ralenti. Les routes entre l'Europe et l’Asie, qui traversaient traditionnellement les couloirs aériens du Moyen-Orient, doivent désormais contourner la zone de conflit par des trajectoires plus longues et fatalement bien plus coûteuses. Mais ce qui rend cette crise de 2026 fondamentalement différente des précédentes, c'est ce double rôle que joue le Moyen-Orient dans l'économie mondiale, à la fois carrefour aérien entre les continents et coeur énergétique de la planète. Quand les deux s'effondrent simultanément, les conséquence sont immédiates pour les dynamiques mondiales et particulièrement rudes pour les pays dépendants des importations énergétiques et du tourisme.

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