Édition internationale

Attentat d'Erawan : deux Ouïghours condamnés à mort onze ans après les faits

Le procès le plus long de l'histoire judiciaire thaïlandaise récente s'est conclu le 11 juin 2026 par deux peines de mort.

Ouïghour condamne à mort en Thaïlande Ouïghour condamne à mort en Thaïlande
Écrit par Baptiste PICOT
Publié le 12 juin 2026


 

Le soir du 17 août 2015, à 18h55, une bombe artisanale à base de TNT dissimulée dans un sac à dos était déposée sous un banc du sanctuaire d'Erawan, à l'intersection de Ratchaprasong. L'explosion a tué 20 personnes, dont 14 étrangers, et en a blessé plus de 100 autres. Onze ans, plus de 400 témoins à charge, 45 à décharge et un dossier de 10.000 pages plus tard, le tribunal pénal de Bangkok Sud a condamné à mort les deux auteurs. Yusufu Mieraili avait assemblé l'engin avant de le remettre à Bilal Mohammed, qui l'avait placé dans le sanctuaire. Les deux condamnés ont également écopé d'une amende de 1.000 bahts pour port d'arme dans un lieu public…

 

Qui sont les Ouïghours ?

 

Peuple turcophone musulman du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, les Ouïghours subissent une politique d'internement et de surveillance de masse documentée par l'ONU. Beaucoup fuient via des réseaux de passeurs, souvent par la Thaïlande. En juillet 2015, quelques semaines avant l'attentat, Bangkok avait renvoyé de force plus d'une centaine d'entre eux vers Pékin, malgré les appels des organisations de défense des droits humains.

 

La peine de mort en Thaïlande

 

Légale pour une trentaine d'infractions, la peine capitale est appliquée par injection létale depuis 2003. La dernière exécution remonte à juin 2018. Plus de 250 personnes attendent aujourd'hui dans les couloirs de la mort, majoritairement condamnées pour trafic de drogue. Les condamnés disposent de deux niveaux d'appel et peuvent solliciter la grâce royale.

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos