

De jeunes créateurs argentins ont exposé leur collection à l'occasion du Baf Week, le rendez-vous des professionnels de la mode qui s'est achevé la semaine dernière. La mode argentine veut s'affranchir de l'Europe et des Etats-Unis et se faire connaître à l'étranger
Ainoa Vasquez Martinez exposait pour la première fois au Baf Week (photo LPJ)
La mode argentine existe et veut le faire savoir sur la scène internationale. Ce secteur qui est sorti exsangue de la crise a, depuis su renaître avec brio. Il affiche même aujourd'hui des ambitions pour être reconnu comme un acteur à part entière de la mode sur la scène internationale. Ainsi, le Baf Week, principal rendez-vous des professionnels du textile et de la mode en Amérique du Sud, s'est achevé la semaine dernière à la Rural sur un succès. L'évènement qui a attiré 55.000 personnes, se veut aujourd'hui la vitrine d'une Argentine ouverte au monde.
"Il y a urgence à rapprocher les créateurs des industriels à l'image de notre voisin le Brésil où les designers avancent main dans la main avec l'industrie textile locale", affirme Kika Tarelli, porte parole du Bafweek.
Nouveaux talents
Ainsi, l'action des principaux organisateurs (La Rural, la Nacion et le Paseo Alcorta), permet de mettre un coup de projecteur sur les acteurs du secteur, promouvoir le design et les jeunes talents. Une trentaine de créateurs ont été sélectionnés pour exposer leur collection au grand public et aux groupes d'acheteurs associés à l'évènement. Ainoa Vasquez Martinez a fait partie des sélectionnés. Elle présente sa marque éponyme, créée il y a un an et demi. Après un passage à New-York, directrice de la création de maillot de bain pour une grande marque, elle rentre au pays pour lancer sa propre collection de prêt à porter. Ses vêtements sont colorés et entièrement conçus en fibres naturelles. "Le BAF Week, c'est pour moi une opportunité unique de me faire connaître et d'être en contact avec des professionnels", explique la jeune femme.
Etats-Unis ou Japon
Un peu plus loin, Malena Schnitzer présente sa collection de bijoux fantaisie depuis quatre ans. "Depuis la crise, il y a eu un boom de la créativité : avant nous regardions ce que faisait l'Europe. Aujourd'hui, nous créons nous-mêmes des tendances". D'ailleurs, Malena exporte désormais au Japon et aux Etats-Unis grâce à l'appui du ministère des Affaires étrangères argentin avec son programme "l'Argentine exporte sa mode et son design". On est loin des succès de Ricky Sarkany, et ses chaussures de luxe connues dans toute l'Amérique du Sud, ou de La Martina, la marque emblématique du polo.
Aujourd'hui, le secteur textile est en pleine expansion, avec plus de 170.000 personnes dévolues à la confection, 80 % des investissements liés à la modernisation, et des stylistes toujours plus talentueux. Un engouement dont l´Argentine compte bien profiter pour s'imposer sur la scène internationale à travers ses jeunes pousses qui ne demandent qu'à s'épanouir.
Marie-Frédérique Goisque et Caroline Béhague (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 28 août 2008




































