

Avec la crise, de plus en plus de ménages français peinent à rembourser leurs dettes. Mais phénomène récent : un nombre toujours plus important de personnes actives et de retraités se retrouvent eux aussi pris à la gorge
Flambée des prix de l'immobilier, hausse des coûts de l'énergie, depuis deux ans que dure la crise, un nombre toujours plus important de ménages français se retrouvent en situation de fragilité financière et peinent à rembourser leurs créances (photo AFP). Rien que pour le premier semestre 2011, ils ont été quelque 106 000 à déposer un dossier auprès de la commission de surendettement, soit 12% de plus que l'an passé. Au total, il y aurait plus de 900.000 ménages en France concernés par le surendettement, devant faire face à une dette s'élevant en moyenne à 40.000 euros, répartis sur environ dix créanciers. Mais le plus frappant reste encore l'évolution du profil des personnes touchées : classes moyennes et retraités ne sont plus épargnés par la menace de banqueroute personnelle.
Séniors et classes moyennes eux aussi pris à la gorge
Si le phénomène du surendettement continue de toucher essentiellement les chômeurs en fin de droit, il concerne un nombre croissant de personnes bien insérées dans la vie professionnelle. Pas assez pauvres pour avoir droit aux aides sociales ou autres allocations logement, mais pas assez riches pour faire face à toutes leurs dépenses, les classes moyennes se retrouvent de plus en plus en situation de grande difficulté financière. "Elles ont un fardeau très lourd, reconnaît Jean-Louis Kiehl, président de la fédération française des chambres régionales du surendettement social (Crésus), leurs gamins n'ont pas de bourse. Il faut emprunter aujourd'hui pour les études, dans toutes les écoles. Ça coûte de l'argent. Donc il faut qu'elles puissent accéder au crédit mais très souvent, quand elles ont pris des crédits et n'arrivent pas à rembourser, elles réempruntent. Et ça, c'est une erreur". Le cycle infernal du surendettement n'épargne pas non plus les retraités."Les seniors viennent au secours de leurs enfants, empruntent, prennent des crédits pour aider les gamins. (?) Et ça crée des drames qui sont tragiques", déplore également M. Kiehl.
Des solutions existent
Pourtant, si les options sont minces, il existe des solutions pour aider les familles à contenir les risques de surendettement. Un recours peu connu du grand public consiste à demander au juge du tribunal d'instance un "délai de grâce" pouvant courir sur 2 ans au maximum et qui équivaut à une suspension temporaire des crédits. Mais pour Serge Maitre, le président de l'Association française des usagers des banques (AFUB): "Il faut aller plus loin en mettant en ?uvre une procédure beaucoup plus automatique, qui évite de devoir s'adresser au juge. Puisque nous savons que dans 98% des cas, les personnes obtiennent plus de 18 mois de suspension sans frais et sans intérêt".
Pour sa part, la fédération Crésus lance un appel à la création d'un registre national des crédits aux particuliers qui permettrait à tout établissement de crédit de vérifier le niveau d'endettement d'un ménage en préalable à l'accord d'un prêt. Des mesures systématiques pour éviter à tout un chacun l'asphyxie financière et qu'à nouveau une personne de 90 ans n'en vienne à déposer un dossier de surendettement, comme cela a été vu dernièrement à la Banque de France.
Julie Ketkosol (www.lepetitjournal.com) vendredi 8 juillet 2011
En savoir plus:
Le Figaro: Les Français peinent à rembourser leurs crédits
La Tribune: 900.000 ménages français sont surendettés




































