Édition internationale

SRI LANKA – Les Tamouls, Tigres en papier

La rébellion tamoule a déposé les armes après 37 ans de conflit durant lequel les Nations unies sont restées impuissantes. Cette guerre civile aurait tué 70.000 personnes. Les ONG et la communauté internationale espèrent maintenant la mise en place d'un couloir humanitaire jusque-là refusé par Colombo

  
L'armée inspectant des armes confisquées aux Tamouls (photo AFP non datée fournie par le ministère de la Défense sri-lankais)

(Rédaction internationale) ? Les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ont mis fin hier au conflit qui les opposait au gouvernement sri-lankais depuis 37 ans. La rébellion, qui souhaitait fonder un Etat tamoul indépendant, a annoncé avoir choisi de déposer les armes par souci de protéger la population. 

"Nous avons décidé de faire taire nos armes" 
"C'est notre peuple qui meurt en ce moment sous les bombes et les obus, de maladie et de faim. Nous ne pouvons pas permettre qu'il leur arrive d'autres maux. Il ne nous reste plus qu'un seul choix : enlever à l'ennemi leur dernier et médiocre prétexte pour assassiner notre peuple. Nous avons décidé de faire taire nos armes", a indiqué un communiqué de la guérilla posté sur l'un de ses sites Internet. Depuis samedi, les Tigres étaient encerclés au nord-est dans une zone restreinte de 3,5 km² par l'armée régulière qui était parvenue à contrôler tout le littoral de l'île, une première depuis le début de la guerre civile. 

"Une catastrophe humanitaire inimaginable"
Dimanche, l'armée du Président sri-lankais, Mahinda Rajapakse, avait affirmé avoir sauvé les 50.000 civils pris au piège dans le même secteur que les séparatistes. La population y était privée de nourriture et de soins puisque la Croix Rouge, qualifiant la situation de "catastrophe humanitaire inimaginable", était la seule ONG autorisée à se rendre dans cette région et se disait impuissante. Ces derniers mois, les Tamouls accusaient le Président d'ordonner la poursuite des bombardements dans les zones habitées et notamment sur les hôpitaux, malgré son engagement pris fin avril à ne plus le faire. Le ministre de la Défense et frère du président, Gotabhaya Rajapakse, dénonçait quant à lui quotidiennement l'utilisation de civils comme otages et boucliers humains par la guérilla. 

Appui de la Russie et de la Chine 
Depuis fin 2005 et la fin d'une trêve, les frères Rajapakse ont lutté sans relâche contre les séparatistes, considérés comme des terroristes par l'Union européenne. L'ultime offensive, ayant débuté début janvier 2009, aurait tué 7.000 civils et déplacé 200.000 réfugiés selon des chiffres de l'ONU. Malgré leurs condamnations des combats et leurs appels à cesser le feu, les Nations unies n'ont jamais pu faire pression sur l'une ou l'autre des parties, ni intervenir militairement. Le gouvernement sri-lankais avait en effet l'appui de la Russie et de la Chine, toutes deux membres permanents du Conseil de sécurité et possédant le droit de veto. Depuis 37 ans, le conflit aurait coûté la vie à 70.000 personnes.
Yann Fernandez (www.lepetitjournal.com) lundi 18 mai 2009
 
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