

En matière de divorce, la législation est très différente des deux côtés des Alpes. Alors qu'en France les procédures ont été simplifiées et accélérées, les Italiens doivent passer par trois ans de séparation légale. Une situation qui pourrait changer après l'adoption d'un nouveau projet de loi
Du divorce long?
Comment le baron sicilien Ferdinando Cefalù (l'inoubliable Marcello Mastroianni), secrètement amoureux de sa cousine Angela (la toute jeune Stefania Sandrelli), va-t-il pouvoir se débarrasser de son épouse insupportable à une époque où le divorce n'existe pas ? La solution est simple : pousser sa femme dans les bras d'un autre et tuer les amants coupables, puisqu'en cas de crime d'honneur la justice italienne est particulièrement indulgente? En décembre 1970, neuf ans après le film Divorce à l'italienne de Pietro Germi et après un débat de société particulièrement animé, le divorce devient légal en Italie malgré l'opposition de la Démocratie chrétienne. Pour déplaire le moins possible à l'électorat catholique modéré, cette loi présente le divorce comme un remède extrême à une situation de crise et prévoit une période de séparation légale, indispensable, d'une durée de trois ans. Quelques années plus tard, en mai 1974, un référendum propose aux Italiens d'abroger cette loi mais 59 % des électeurs s'y opposent, montrant que bien des électeurs catholiques s'étaient ralliés pour l'occasion au parti des "divorcistes".
? au divorce rapide ?
Les statistiques font état d'une augmentation générale du nombre de séparations et de divorces : de 1995 à 2008 on est passé en Italie de 158 à 286 séparations pour mille mariages et de 80 à 179 divorces pour mille mariages. De la séparation (précisons également qu'il s'agit d'une séparation légale et non d'une séparation de fait, c'est donc la sentence de séparation prononcée par le tribunal qui fait foi) au divorce, les Italiens doivent faire preuve de patience et ce d'autant plus qu'au-delà du délai de trois ans imposé par la législation pour pouvoir déposer la requête de divorce il faut également tenir compte de la lenteur de la justice italienne, surtout quand il ne s'agit pas d'une procédure de divorce à l'amiable? Les trois ans peuvent alors se transformer en quatre ans. Une commission parlementaire vient cependant d'approuver une proposition de loi prévoyant une réduction de la durée de séparation : si la loi devait être votée, le divorce pourrait être prononcé après une séparation d'un an pour les couples sans enfants mineurs et de deux ans dans le cas contraire. Il ne s'agit donc pas d'une révolution, puisque le principe de séparation reste obligatoire, mais d'une accélération relative : quoi qu'il en soit, du projet de loi à l'adoption définitive, le chemin à parcourir est encore long?
Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) Jeudi 1er mars 2012




































