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Timothé Poissonnet - Un caméléon dans le bocal

Par Bertrand Fouquoire | Publié le 18/02/2019 à 14:30 | Mis à jour le 19/02/2019 à 10:18
Timothé Poissonnet, Singapour

À l’affiche de l’Alliance française de Singapour, le 11 mars 2019, Timothé Poissonnet est un drôle de caméléon, du genre à remuer dans tous les sens à l’intérieur de son bocal. Rencontre stimulante avec un jeune comédien pétillant d’humour et de talent, qui raconte sans fard, les coulisses du métier, son amour de la scène et du public et son bonheur de démarrer à Singapour une tournée d’une semaine en Asie.

L’humour commence toujours par un zeste d’autodérision. Timothé Poissonnet dès le titre de son spectacle, « Timothé Poissonnet dans le bocal », exploite la métaphore aquatique et la circularité d’un monde fait de fausse transparence et de mouvements tour à tour lents et saccadés. L’artiste, caméléon assumé, utilise tous les registres, les changements de rythme, les cabrioles, les mouvements de break dance et un art consommé de forcer l’hilarité du public. Il déboule sur scène comme dans la carrière : en jeune homme pressé, gourmand de tout, qui s’échauffe au contact du public. A découvrir sur scène, car « Timothé Poissonnet dans le bocal » est une « expérience » qu’il faut absolument vivre… pour rire.

Timothé Poissonnet dans le bocalQuand vous êtes-vous dit : « je veux être humoriste « ?

Timothé Poissonnet  : Je pense que j’ai toujours eu envie d’être comédien, c’est ce qui m’a conduit à me former à l’atelier Jean-Laurent Cochet et même à faire de la mise en scène à la faveur de séjours à l’étranger, en Lituanie et en République dominicaine, pendant mes études. L’envie de faire rire, elle émerge dès l’école, quand on s’aperçoit qu’on fait rire ses amis. Le goût du spectacle et l’envie de faire rire résultent probablement du fait que j’ai envie qu’on m’aime. Et puis l’humour est une chose formidable. Il y a beaucoup de choses qui passent par l’humour. C’est rare de rencontrer des gens qui n’aiment pas l’humour. L’essentiel, quand on se lance dans ce métier c’est d’une part d’aimer les gens, d’autre part d’avoir une envie très forte de la scène et du contact avec le public. Pour moi, monter sur scène est quelque chose de vital. C’est assez kiffant de se dire que des gens viennent vous voir pour rigoler, qu’ils vous disent merci et que vous leur faites du bien.

Comment se fait-on connaître ?

On fait des festivals. Il y en a plein. C’est un exercice particulier : il faut faire des sketchs de 10 mn. Cela me convient bien. Pendant les 2 premières années, j’ai fait énormément de festivals. Le plus dur est de démarrer. J’ai commencé par me heurter à des portes closes. Puis on vous donne votre chance dans un festival et puis tout s’enchaine. Les deux ans de festivals m’ont fait connaître de la profession. J’ai remporté 19 prix. Cela donne de la visibilité et cela intéresse les programmateurs. Les festivals, cela permet de se produire devant des audiences beaucoup plus larges. Quand on démarre, on joue souvent dans des toutes petites salles très intimes. Dans les festivals on se retrouve soudain devant 600 personnes.

Comment parvient-on à faire son trou ?

Il faut trouver son propre style. Moi, j’ai inventé l’humour séquentiel. Le fait de découper le spectacle en petites séquences. La clé, c’est de surprendre. Je change en permanence, à la recherche du rythme exact. Il faut que toutes les partitions s’accordent. Le but c’est d’arriver à faire rire avant d’avoir parlé. Je le fais en surprenant. Le spectacle est très physique. Je perds 5kg par spectacle. Depuis tout petit je suis très actif. Sur la scène, dans la salle, je bouge dans tous les sens, mais c’est pour mieux emmener le public quelque part.

Quelle est la part d’improvisation dans votre spectacle?

L’improvisation, c’est l’élégance suprême. Mais c’est le fruit d’un grand travail. Il est évident que chaque soir, le spectacle est différent. Il y a une véritable improvisation en fonction du public, de la salle… Mais c’est tout le travail réalisé en amont, la recherche de précision, qui permet de libérer, pendant le spectacle, ces moments où le public a le sentiment qu’il assiste à un moment unique ; un cadeau qui lui est fait à titre très personnel.

Comment vous préparez-vous ?

Je viens deux heures avant le spectacle. J’explore l’espace. Je regarde ce qu’il y a à faire. J’imagine des choses en fonction des lieux. Parfois les responsables de la salle mettent le holà par rapport à une idée qu’ils trouvent trop audacieuse. Parfois, je fais quelque chose sans en avoir prévenu personne.

Etes-vous sujet au trac ?

Je déguise mon trac. Il s’évapore d’ailleurs assez vite. Je sens tout de suite la salle. Le premier rire me met en confiance. Et puis tout se met en place : c’est un cercle vertueux.

Votre humeur du jour peut-elle avoir un impact sur scène?

En théorie, il est essentiel d’être capable de dérouler le spectacle indépendamment de la forme ou de l’humeur du moment. Il m’est arrivé de jouer malade ou avec une entorse. C’est une question d’expérience. Plus on multiplie les spectacles, plus on maitrise les différents moments et toutes les dimensions du spectacle, plus il est facile de sortir de son texte. D’un spectacle à l’autre il y a plein de petites différences qu’il faut aller chercher. C’est plein de petites perles qui, à la fin, forment un beau collier.

Votre spectacle est très physique, cela vous oblige-t-il à des exercices particuliers pour rester en forme ?

J’essaye de faire de l’exercice pour m’entretenir physiquement. La réalité, c’est que les spectacles se succèdent à un tel rythme qu’ils font office d’entrainement. Je n’ai pas trop besoin d’y penser. Le poids est tout de même un aspect surveillé. A certaines périodes, je suis en légère surcharge pondérale. Dans ce cas là je fais évidemment les mêmes choses, les mêmes acrobaties, mais je sens que je me fatigue beaucoup plus.

Pour vous qui connaissez bien l’expatriation, qu’attendez-vous du public expatrié ?

Par expérience, je sais que les opportunités d’assister à des spectacles d’humoristes sont plus rares quand on vit à l’étranger. Du coup, j’espère que le public de Singapour et des autres villes de la tournée va profiter de ce spectacle pour  se lâcher.

Propos recueillis, à Paris, par Bertrand Fouquoire

Tournée en Asie – Timothé Poissonnet sera présent à Singapour le 11 mars dans le cadre d’une tournée en Asie, à l'occasion de la semaine de la Francophonie, qui l’emmènera également à Bangkok ( 12 mars) à Hong Kong ( 15 et 16 mars) et à Shanghai (17 et 18 mars).

"Timothé Poissonnet dans le bocal "à Singapour - le 11 mars 2019, à 20h à l’Alliance FrançaiseBilleterie: http://www.ticketflap.com/tim-sg

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Bertrand Fouquoire

Bertrand Fouquoire

Co-Directeur de l'édition. Après avoir vécu 9 ans à Singapour, Bertrand est revenu en France en janvier 2017, où il a repris ses activités de coaching pour les expatriés et les conjoints et pour les jeunes adultes
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