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Pâques, les œufs coque et les coquetiers

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À Pâques, l’œuf est roi.

 

En Europe, la tradition d’offrir des œufs à Pâques est un rite chrétien. L’église, en effet, interdisait de consommer des œufs durant les 40 jours de carême avant Pâques. Pour écouler les œufs que les poules pondaient, on les ramassait, on les décorait et on les offrait. Puis le jour de Pâques, après 40 jours de privation, tous ces œufs étaient dégustés en omelette. À partir du XIXe siècle, la tradition a évolué. On confectionne depuis des œufs en chocolat que l’on cache, à la grande joie des petits et des grands.

 

Mais qu’en est-il des œufs à la coque ?

 

L’œuf coque était à l’origine considéré comme un remède pour les femmes enceintes et les personnes affaiblies.

Cuisiner un œuf à la coque est simple, le principe étant de plonger un œuf fraîchement pondu dans une eau bouillante. Le blanc de l’œuf doit être juste saisi et le jaune liquide et chaud. Pour les Français, le temps de cuisson idéal est 3 minutes. Les Anglo-saxons auront tendance à les cuire jusqu'à 5 à 6 minutes. On utilisait dans le temps un « œufrier » ou « chauffe- œufs ». De nos jours, la coquetière désigne un ustensile en fer-blanc, servant à immerger les œufs dans l’eau bouillante.

 

Pas d’œuf à la coque sans coquetier !

 

Au XIVe siècle, le mot coquetier désigne un marchand d’œufs et de volaille en gros. Au XVIe siècle, il prend le sens d’un ustensile servant à la cuisson et au XVIIe siècle, il prend la forme « d’un petit vase servant à table, en forme de salière, pour porter un œuf à la coque ». Il s’impose alors sur les tables raffinées.

 

Louis XV, qui adore les œufs à la coque (il fait élever des poules dans son palais), les déguste dans un coquetier en or pendant qu’un gentilhomme proclame « Le roi va manger son œuf ». La marquise de Pompadour en a un en argent et la dauphine, en porcelaine de Sèvres bleue.

 

En or et argent à l’origine, on les façonne ensuite en faïence ou en porcelaine tendre. Les pauvres les façonnent en bois, les marins en os et ivoire. Il se démocratise au XIXe siècle pour devenir un objet courant. On le fabrique en vermeil, en opaline, en cristal, en pate de verre, en métal argenté. Dans les foires de cette époque, on offre aux gagnants des stands de tir des coquetiers en verre pressé-moulé d’ou vient l’expression « gagner le coquetier », expression déformée de nos jours en « gagner le cocotier ! ».

 

Les modèles se multiplient et les coquetiers français adoptent toutes les formes possibles : à pied plus ou moins haut que l’on appelait, au XIXe siècle, « ordinaires », avec soucoupe ou coupelle attenante destinée à poser la cuillère et à recevoir les morceaux de coquille dénommés « sur plat » ou « ramasse coques », les coquetiers  doubles appelés « anglais » ou diabolo, et enfin ceux dit « de forme », représentant des animaux, personnages ou autres.

 

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Quelques conseils pour manger un œuf à la coque :

 

  • L’œuf est placé dans le coquetier par son bout le plus large.
  • L’œuf, dans son coquetier, se présente dans une assiette avec sa petite cuillère.
  • On ne sort jamais l’œuf de son coquetier.
  • On n’utilise jamais son couteau.
  • La manière la plus élégante consiste à donner des petits coups de cuillère (côté bombé) sur le haut de l’œuf pour briser la calotte, puis d’ôter les petits   morceaux avec les doigts. Il existe aussi  des ciseaux à œufs qui permettent de le décapiter.
  • En France, on mange l’œuf à la coque  soit à la cuillère soit avec des mouillettes qui sont des fines tranches de pain grillé beurrées (les enfants adorent !). On trempe les mouillettes dans l’œuf sans faire déborder le liquide jaune. On utilise la cuillère pour décoller le blanc et le manger délicatement.
  • On évite de présenter un œuf à la coque à un repas formel.
  • Les convenances veulent qu’en principe on brise la coquille de l’œuf dans le coquetier après l’avoir consommé (superstition du Moyen Âge qui croyait que l’esprit malin s’y cachait).

 

Les coquetiers sont de jolis objets que l’on collectionne et les collectionneurs s’appellent des « coquetiphiles ». Enfin, pour la petite histoire, sachez que le mot cocktail viendrait dune déformation anglo-saxone de la prononciation du mot coquetier.

 

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