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Norbert BINOT - Attention, ça pique ! Ou l'Ethique atypique

Par Laetitia Person | Publié le 16/10/2018 à 14:30 | Mis à jour le 25/10/2018 à 15:51
Photo : @ Green Is The New Black
norbert BINOT, KAMPOK

 

De la Fintech à l’exploitation du poivre de Kampot, il n’y a qu’un pas ! Que Norbert Binot a franchi allégrement ! 

 

La vie est faite de rencontres ! À l’instar de celle qui nous a conduit jusqu’à Norbert Binot à Singapour. La rencontre de Norbert avec le poivre de Kampot, elle, s’est déroulée à Macau !

 

En voyage dans la famille de sa femme, française d’origine hong kongaise et cambodgienne, il interroge son oncle sur les opportunités de business au Cambodge. Le poivre de Kampot est abordé dans le fil de la conversation, au même titre que le bois ou la pisciculture. Alors ingénieur à Singapour, Norbert avoue que « si la Fintech nourrit financièrement son homme, la routine de Raffles n’a rien d’excitant et le côté humain manque au quotidien ». Il a des envies d’ailleurs et souhaite entreprendre pour donner plus de sens à sa vie. De retour à Singapour, il poursuit ses investigations et constate que le poivre de Kampot est le premier produit agricole cambodgien à bénéficier d’une IGP (indication géographie protégée) depuis 2010. Il découvre également toutes les traditions autour de cette culture ancestrale qui a failli péricliter sous les khmers rouges. Il décide d’aller voir par lui-même. Lui qui connaissait pourtant le Cambodge est d’emblée séduit par Kampot et sa région. Sa décision est prise : il ouvrira une exploitation de poivre ! Les morceaux du puzzle s’emboitent alors rapidement. Il monte un business plan et trouve deux partenaires (Céline, sa femme, et Frédéric, un ami). Ensemble, ils dénichent un terrain vierge de onze hectares et trouvent un nom à leur future exploitation : Fair Farms. On est en 2014, l’aventure est lancée !

 

Ethique responsable

Originaire d’une famille d’agriculteurs, Norbert connaît la terre ; c’est quelque chose qui trouve écho en lui. Cette résonnance va le guider tout au long de l’aboutissement de son projet. « Nous savions dès le début que nous souhaitions aider les populations locales et respecter leurs traditions » explique-t-il. « Notre positionnement repose sur deux axes majeurs, inscrits dans le nom même de notre exploitation : une agriculture bio et un engagement social et éthique responsable. Que ce soit la récolte, le tri, l’arrosage ou encore l’arrachage de l’herbe, l’intégralité de notre agriculture est faite manuellement. Nous n’imposons jamais nos méthodes et travaillons au maximum selon les recommandations de notre staff. Cela nous permet d’apprendre et nos équipes voient qu’elles sont écoutées. Ces échanges de cultures et d’expériences contribuent à renforcer le respect entre nous et l’implication de chacun.

« Je refuse de cannibaliser le marché au détriment des petits producteurs locaux. Cela reviendrait à tuer le monde paysan local ».

Aujourd’hui Fair Farms emploie vingt personnes à plein temps, nourries et logées sur l’exploitation dans des petites maisons construites spécialement pour les accueillir. Toutes bénéficient d’un contrat de travail calqué sur les standards occidentaux, comprenant des congés payés, des congés maternité et une assurance santé. « Des avantages sociaux basiques pour nous mais qui sortent complètement du modèle cambodgienNous avons dû leur expliquer que même s’ils ne venaient pas travailler pendant leur jour de congé hebdomadaire ou leurs vacances, ils allaient gagner de l’argent. Quant au système d’assurance santé, il leur paraissait totalement incongru et abstrait. Jamais ils n’auraient imaginé pouvoir se faire soigner à l’hôpital sans rien payer. Ces avantages sociaux sont tellement loin de leur modèle que nous ne trouvions pas les mots justes pour qu’ils en saisissent toute la portée. Nous avons donc fait appel à des professionnels qui les sensibilisent, une fois par an, à ces problématiques ».

 

ferme KAMPOK
Personnel de la Ferme 

 

Un positionnement responsable qui permet aujourd’hui à Fair Farms d’être labellisée et de pérenniser ses équipes. Quatre ans après l’ouverture de l’exploitation, l’activité commerciale débute tout juste. Fidèle à son positionnement d’origine, Norbert ne cible que des partenaires respectueux de ses actions. La qualité de son poivre est reconnue et lui ouvre les portes du secteur du luxe. Alain Ducasse, Pierre Gagnaire, le Plaza Athénée… autant de grands noms qui se fournissent auprès de Fair Farms. Egalement toujours fidèle à son postulat de départ, il s’interdit de vendre sa production au Cambodge.

« Je refuse de cannibaliser le marché au détriment des petits producteurs locaux. Cela reviendrait à tuer le monde paysan local ». Guidé par la même volonté d’aider son prochain et de s’impliquer en faveur de son environnement proche, Norbert s’implique dans des projets variés. Il soutient ainsi activement L’école du Bayon, une ONG qui scolarise 250 enfants défavorisés issus de la zone des temples d’Angkor.

 

poivre kampok
Les 4 poivres produits à la ferme 

 

Depuis un an, il donne gracieusement son poivre à cette association qui se charge ensuite de le conditionner et de le vendre au profit de l’école. Il réfléchit également à une solution pour enrayer le problème des déchets en valorisant le plastique. Mais ça, c’est une autre histoire qu’il nous racontera peut-être lors d’une prochaine rencontre…

Laetitia Person

Laetitia Person

Diplômée en droit, Laetitia conçoit des stratégies éditoriales et contribue à la production de contenus en free lance depuis 2011. Elle se passionne pour la course à pied.
3 Commentaire (s)Réagir
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Norbert Binot ven 19/10/2018 - 10:31

Meri Laetitia et le Petit Journal pour ce superbe article. Ca fait chaud au coeur!

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Claire ShiokFarm mer 17/10/2018 - 03:44

Bravo Norbert pour ce magnifique projet!

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Norbert ven 19/10/2018 - 10:29

Et merci a toi pour ton soutien!

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