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Sylvaine de Gantès, une peintre qui cartographie Singapour à l’encre de Chine

Vous avez peut-être croisé Sylvaine de Gantès au détour d’une rue de Singapour, assise sur un tabouret avec son pinceau à la main, seule ou accompagnée de son club de dessinateurs urbains. Pour cette artiste, aimer une ville, c’est la cartographier. Après Londres et Chennai, Sylvaine nous explique comment Singapour l’a inspirée.

Portrait de Sylvaine de Gantès à côté d'une œuvrePortrait de Sylvaine de Gantès à côté d'une œuvre
Crédit : Estelle Huang
Écrit par Estelle Huang
Publié le 8 janvier 2026, mis à jour le 14 janvier 2026

 

"C'est une bénédiction d’être complètement dans l’instant présent."

 

L’art comme thérapie pour le corps et l’esprit dans une culture de distraction permanente

Du plus loin qu’elle s’en souvienne, Sylvaine a toujours peint. Elle explique que "c'est une bénédiction d’être complètement dans l’instant présent, dans le geste. C’est une thérapie pour notre esprit surtout dans une culture de distraction permanente". La famille de Sylvaine lui a toujours donné le droit et l’espace pour s’exprimer à travers son art. Depuis ses 9-10 ans, et en parallèle de son parcours scolaire puis de son métier plus tard, Sylvaine a étudié l’art. Après une formation en hypokhâgne puis khâgne avant d’intégrer l’École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales (ESSEC), Sylvaine est recrutée par la Banque Nationale de Paris (BNP) comme spécialiste des risques. Dès ses 21 ans, elle est affectée à New York, où elle rencontre un collègue britannique d’origine indienne, qui deviendra son mari et le père de ses quatre enfants (qui ont de 3 à 11 ans aujourd’hui).

 

Portrait de Sylvaine de Gantès à côté d'une œuvre
Crédit : Estelle Huang

 

Avec sa famille, ils décident d’abord de s’installer à Londres, à côté de l’Hampstead School of Art, qui est un espace où Sylvaine a pu créer à l’aquarelle et la peinture à l’huile avec d’autres artistes et en dehors de ses heures de travail. Elle comprend que l’art équilibre sa vie professionnelle comme d’autres font du sport ou de la méditation. Elle peut pleinement peindre et satisfaire des commandes pendant chacun de ses congés de maternité passés dans sa belle-famille indienne à Chennai. Experte dans son domaine professionnel, Sylvaine travaille successivement pour la Financial Conduct Authority (autorité britannique de régulation financière) puis chez Citigroup avant de choisir de s'installer à Singapour en 2024, pour travailler comme experte en conduite de marché chez Ocorian. La cité-État est un choix de cœur pour elle et son mari, attirés par sa sécurité et son esprit communautaire qu’ils souhaitent offrir à leurs enfants. Peu après son arrivée à Singapour, et au moment où elle ne s’est plus sentie prête à faire des sacrifices familiaux pour son travail, Sylvaine démissionne d’Ocorian. En 2025, elle décide de se reconvertir professionnellement dans l’enseignement tout en continuant à peindre tous les jours. 

 

"Quand on est expatrié, ce n’est qu’en s’investissant quelque part qu’on connaît et on doit accepter de se laisser changer par un lieu."

 

Quand la “ contrainte crée la beauté”

En passant d’une pièce dédiée dans sa maison londonienne à un coin de sa chambre dans son appartement singapourien, Sylvaine décide d’adapter son art. Selon elle, "quand on est expatrié, ce n’est qu’en s’investissant quelque part qu’on connaît et on doit accepter de se laisser changer par un lieu". Contrainte par l’espace mais plus par le temps, elle décide d'appréhender Singapour de façon organique comme toutes les villes où elle a vécu. Elle rejoint un club de dessinateurs urbains dont elle s’inspire pour faire évoluer sa technique qui devient nomade. Elle s’équipe alors d’un tabouret pliant, de pinceaux, d’encre de Chine et d’un carnet. C’est la technique de la calligraphie, qu’elle a redécouverte en arrivant en Asie, qui est la plus propice à ses pérégrinations artistiques. En plus de l’observer, Sylvaine décide de mieux connaître la Cité-état grâce aux balades d’Ariane Nabarro, la seule guide française accréditée auprès de l’organisme national du tourisme de Singapour (Singapore Tourism Board). Ariane lui a transmis sa passion pour la Cité-état en lui racontant son histoire et sa culture à la faveur des lieux qu’elle connaît si bien. 

 

Ariane Nabarro, la plus singapourienne des Parisiennes

 

Une œuvre de Sylvaine de Gantès
Crédit : Sylvaine de Gantès

 

L’idée de cartographier Singapour s’impose comme une évidence à Sylvaine pour s’approprier sa vie dans ce nouvel environnement. Elle précise que sa carte n’est pas une composition car l’agglomération existe déjà, notamment les rivières, la structure des zones, les quartiers et les rues. Le reste, elle le représente à sa façon inspirée par un objet, un bâtiment ou une scène de vie. Calligraphie oblige, elle commence une carte en partant du coin haut gauche. Peindre Singapour a requis environ une centaine d’heures à se rendre in situ ou en regardant des images collectées sur internet. Après Singapour, Sylvaine a déjà cartographié Londres où elle a vécu douze ans, et Chennai où elle aime se réfugier pour retrouver sa belle-famille indienne. Sa prochaine carte sera dédiée à Biarritz, sa famille française y habite depuis des générations et elle s’y ressource lors de ses vacances prolongées. Chacune de ses cartes est unique. Sylvaine constate que la particularité de Singapour est que son cœur  est très organisé, quadrillé et condensé contrairement au reste, qui laisse place à la nature, à la végétation et à des pôles urbains plus diffus et difficiles à identifier à l’œil nu.

 

Sylvaine est joignable à sylvaine.degantes@gmail.com

 

Au-delà de partager ses clés de lecture pour mieux comprendre et aimer Singapour, Ariane Nabarro a pu constater que cette carte inspirée par ses tours était fidèle à la réalité.

 

Ariane Nabarro
Crédit : Ariane Nabarro

 

N’hésitez pas, vous aussi, à suivre la guide Ariane Nabarro en la contactant sur l’adresse électronique de sa société Singapour Sur Seine : singapoursurseine@gmail.com ou sur Instagram “Singapourseine”.

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