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Colours of Impressionism: le musée d'Orsay expose à Singapour

Par Clémentine de Beaupuy | Publié le 22/11/2017 à 13:30 | Mis à jour le 28/11/2017 à 04:56
Photo : Monet - Le bassin aux nymphéas, harmonie rose, 1900, oil on canvas
Monet Impressionnistes Orsay Singapour National Gallery

La National Gallery de Singapour a ouvert une de ses grandes expositions de la saison , «Colours of Impressionism » en collaboration avec le Musée d’Orsay, qui possède la plus vaste et belle collection de peinture française de cette période.

A cette occasion, nous avons rencontré Olivier Simmat, responsable auprès du Président des Relations Internationales du Musée, c’est-à-dire des expositions hors-les -murs. Eclairage sur les collaborations muséales de deux mastodontes,  parisien et singapourien.

 

Olivier Simmat, Musée d'Orsay
Olivier Simmat, Musée d'Orsay 

 

Lpj/singapour - Pour créer une telle exposition, avec des grands maîtres comme Manet, Monet, Renoir, Pissarro etc. Comment cela se passe t’il ? Est-ce le Musée d’Orsay qui  propose une exposition clef-en main, ou la National Gallery qui exprime son envie ?

Olivier Simmat - Cette collaboration s’est construite en plusieurs phases et sur un temps long, bien en amont de l’ouverture de la National Gallery à Singapour. Il y a 8 ans déjà, nous étions en contact avec l’Ambassade de France, ici à Singapour puis avec le National Heritage Board, NHB,  quand il a été créé pour étudier une collaboration avec le musée d’Orsay. En 2011, nous avons abouti à une première exposition « Rêves et Réalité » qui a été présentée au National Museum de Singapour, puis à Séoul. Nous essayons toujours d’avoir deux étapes pour une exposition pour optimiser les frais, notamment de transport et pour garantir l’équilibre économique d’une telle opération. A cette occasion, nous avons rencontré, Dr. Eugène Tan, actuel directeur de la National Gallery, qui travaillait à l’époque au NHB. Nous avons suivi pas à pas l’ambition de Singapour et la création de la National Gallery. Au moment de son ouverture, il a été question d’une exposition inaugurale. La qualité du projet et le professionnalisme du personnel nous ont conforté dans la possibilité d’une collaboration entre nos deux musées. Des discussions ont eu lieux, notamment sur une exposition mêlant leurs collections aux nôtres. Même si dans leur collection, il y a une partie de peintres XIXème, l’essentiel est plus moderne et concerne des artistes des  années 1920 à 1940. L’exposition Reframing Modernism avec le Centre Georges Pompidou était donc plus appropriée dans ce contexte d’exposition inaugurale. Les collections du Musée d’Orsay permettent, quant à elles, d’expliquer l’origine de leurs propres collections asiatiques. Beaucoup de leurs artistes sont venus étudier à Paris et ont vus ces tableaux XIXème et début XXème siècle.  C’était logique que Colours of Impressionnism soit proposée dans un second temps.

 

Paul Signac, Les Andelys, 1886, oil on canvas
Paul Signac, Les Andelys, 1886, oil on canvas

 

 

Il y a de nombreux accrochages possibles pour montrer les maitres impressionnistes. Comment le thème de cette exposition, celui du prisme des couleurs, a t’il été choisi ?

Nous étions d’accord sur l’idée de montrer la révolution impressionniste  et d’insister sur la marche vers la modernité, ce que l’on appelle le post-impressionnisme et toutes les nouvelles techniques de peinture qui vont apparaître, vers 1900-1910, notamment avec le pointillisme. Nous voulions montrer cette transition entre les maitres  impressionnistes et les jeunes peintres du début du siècle qui ont influencé directement les peintres de la collection de la National  Gallery. Et le thème des couleurs dans l'impressionnisme est un angle très lisible pour comprendre ce mouvement, cette révolution dans la peinture. 

 

Cette exposition n’est pas conçue comme un écho à Between Worlds,  l’autre exposition concomitante de la National Gallery, sur Raden Saleh et Juan Lunas ?

Oui, c’est un choix éditorial. Nous aurions pu faire également une très belle exposition sur l’Académisme comme celle proposée en ce moment à Munich, Le Bon, le Vrai, le Beau : chefs-d’oeuvre  de la peinture de Salon du musée d'Orsay, pour faire résonnance à ces peintres du sud-est asiatiques.  D’ailleurs, ce thème pourrait être envisagé ici dans quelques années. Souvent, à l’étranger et en Asie notamment, nous proposons des expositions qui présentent l’ensemble de nos collections. Là, aussi le choix a été différent. Pour la National Gallery, il y avait une vraie volonté de mettre en perspective leur propre collection en montrant la révolution des peintres impressionnistes et de s’interroger justement sur ce qui se passe dans la peinture après Raden Saleh et Juan Lunas.

 

Vous évoquez la possibilité d’autres expositions à l’avenir : le Musée d’Orsay a t’il un accord ou une convention signés avec la National Gallery ?  

Non, nous n’avons pas d’accord mais une collaboration établie sur la confiance et le professionnalisme depuis longtemps. Ce musée est un écrin formidable pour présenter nos collections. Cette exposition est une première expérience. C’est à la National Gallery de bâtir sa ligne éditoriale et sa programmation pour les prochaines années. C’est l’enjeu pour tout nouveau musée qui se crée.

 

Berthe Morisot, L'Hortensia,1896, oil on canvas
Berthe Morisot, l'Hortensia, 1896, Oil on canvas 

 

 

Pourrait-on envisager de voir à Singapour une exposition du type Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandinsky, magnifique exposition thématique que vous aviez présentée au Musée d’Orsay au printemps/été de cette année ?

Tout est envisageable. Mais au Musée d’Orsay, nous avons une politique de faire voyager des expositions qu’à partir de nos propres collections. Et, puis ces expositions sont un travail sur le long terme. C'est complexe de produire une exposition avec plusieurs prêteurs à travers le monde.  Dans un nouveau musée qui s’ouvre, notamment en Asie, loin des collections des peintures européennes, il n’est pas souhaitable de faire d’emblée ce type d’expositions.

Il y a autre élément à prendre en considération lorsque l’on propose ce type de projet : le départ des œuvres des musées pendant plusieurs mois. Par exemple, l’exposition actuelle qui dure jusqu’en mars à Singapour, sera ensuite présentée à Adélaïde. Les peintures quittent donc le musée pendant 9 mois. Il y a un équilibre à trouver entre les visiteurs du Musée d’Orsay et nos expositions hors-les-murs.

Il y a des tableaux que l’on ne peut pas tout simplement décrocher : le public vient au Musée d’Orsay pour voir ces chefs-d’œuvre !

 

 

 

Informations pratiques

Colours of Impressionism: Masterpieces of Musée d’Orsay

National Gallery, 1 St. Andrew's Rd, Singapore 178957

Du 16 Nov 2017 - 11 Mar 2018

 
 
 
clémentine de beaupuy

Clémentine de Beaupuy

Diplômée de Sciences-Po, entrepreneuse et hyperconnectée, Clémentine est spécialiste de tout ce qui touche à la culture, la société, la religion et l'innovation urbaine.
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