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Nouvel An lunaire : trois destinations peu fréquentées depuis la Chine

Le Nouvel An lunaire 2026, qui commence le 17 février, provoque chaque année un exode massif vers les destinations classiques en Asie. Bangkok, Singapour et Macao accueillent des millions de visiteurs chinois ce qui rend parfois l'accès aux temples, restaurants et sites touristiques plus compliqué que prévu. Pour ceux qui souhaitent célébrer le Nouvel An Chinois dans un cadre plus serein, voici trois destinations qui méritent d'être considérées.

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Écrit par Marion Burlaud
Publié le 2 février 2026, mis à jour le 10 février 2026

Taipei : une île interdite aux touristes de la chine continentale

Depuis 2019, les ressortissants de la République populaire de Chine ne peuvent plus se rendre à Taiwan en voyage individuel. Seuls les groupes organisés, très encadrés, sont autorisés, et leur nombre reste limité. Cette restriction, initialement politique, confère aujourd'hui à l'île une rareté précieuse pendant la période du Nouvel An lunaire : celle d'une métropole chinoise qui n'est pas envahie par les touristes du continent.

La rue Dihua, dans le district de Datong, constitue l'épicentre des préparatifs du Nouvel An à Taipei. Cette artère commerçante datant de la dynastie Qing se transforme en marché de produits festifs du 20 janvier au 16 février 2026. Les étalages proposent des gâteaux de riz gluant (niangao), des confiseries traditionnelles et des décorations calligraphiées. Contrairement aux marchés de Hong Kong ou de Singapour, l'affluence y reste gérable même les week-ends.

Le temple de Longshan, dans le quartier de Wanhua, organise du 17 au 19 février des cérémonies de prière continue. Les visiteurs peuvent y observer les rituels de divination au moyen des bâtonnets de fortune, pratique qui remonte à plus de mille ans. Les températures à Taipei en février oscillent entre 13°C et 19°C. Les détenteurs de passeport français bénéficient d'un visa exempt de 90 jours.

 

Ipoh : la Malaisie loin des sentiers battus

Penang et Kuala Lumpur attirent chaque année des centaines de milliers de touristes chinois pendant le Nouvel An lunaire. Ipoh, troisième ville de Malaisie, offre pourtant des célébrations tout aussi authentiques sans la cohue qui les accompagne ailleurs. La ville compte une population à majorité chinoise, issue principalement de l'immigration cantonaise et hakka du XIXe siècle.

Le temple de Kek Lok Si, situé dans la banlieue d'Air Itam, est le plus grand temple bouddhiste de l'Asie du Sud-Est. Du 13 février au 3 mars 2026, ses sept étages de pagodes et ses jardins seront illuminés par plus de 10 000 lanternes. À la différence de la cérémonie similaire à Penang, celle d'Ipoh ne nécessite pas de réservation plusieurs semaines à l'avance. Le centre-ville colonial, avec ses boutiques de café datant de l'époque britannique, reste accessible à pied sans encombre.

Le 24 février, la communauté hokkien d'Ipoh célèbre l'anniversaire de l'Empereur de Jade, une cérémonie qui remonte à l'époque où les migrants chinois remerciaient la divinité d'avoir sauvé leurs ancêtres d'une épidémie. Les offrandes de canne à sucre, symbole de gratitude, sont visibles dans les temples de la ville. Les températures à Ipoh en février se situent entre 23°C et 32°C. Les ressortissants français bénéficient d'un visa de 90 jours sans formalité préalable.

 

Yogyakarta : le syncrétisme javanais

La principale attraction de Yogyakarta reste le temple de Borobudur, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette vocation touristique, essentiellement liée à l'hindouisme et au bouddhisme javanais, fait que la ville n'est pas une destination privilégiée par les touristes chinois en quête de célébrations traditionnelles du Nouvel An lunaire. Pourtant, la communauté chinoise indonésienne de Yogyakarta, établie depuis le XVe siècle, maintient des traditions distinctes du reste du pays.

Le quartier de Ketandan, dans le centre-ville, concentre les festivités du Nouvel An chinois (appelé Imlek en indonésien). Les rues sont ornées de lanternes rouges et les temples chinois organisent des processions de barongsai, cette danse du lion qui mêle influences chinoises et javanaises. Le 16 février 2026, plusieurs hôtels de la ville proposent des dîners de gala avec cérémonie du yusheng, la salade de prospérité d'origine cantonaise.

L'originalité de Yogyakarta réside dans le mélange des cultures : il n'est pas rare d'assister à une danse du lion chinoise accompagnée par un gamelan javanais. Les températures en février oscillent entre 22°C et 30°C. Les ressortissants français obtiennent un visa gratuit de 30 jours à l'arrivée. Le vol direct depuis Hong Kong dure quatre heures et demie.

 

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