À Hong Kong, la danse du Lion et sa variante, la danse du Kirin, parfois appelée danse de la Licorne, accompagnent depuis longtemps les temps forts de la vie collective. Entre rituel, spectacle et lien social, ces pratiques continuent d’exister dans une ville en perpétuelle transformation.


Qu’est-ce que la danse du Lion et du Kirin ?
La danse du Lion est une tradition chinoise ancienne. Deux danseurs se glissent sous un costume de lion stylisé : l’un anime la tête, l’autre le corps. Tambours, cymbales et gong rythment leurs mouvements, censés chasser les mauvais esprits et attirer chance et prospérité. Le style pratiqué à Hong Kong vient surtout du sud de la Chine, où la danse s’est enrichie de gestes inspirés des arts martiaux.
À côté de cette forme très répandue existe la danse du Kirin, aussi appelée Qilin ou Licorne. Le Kirin est une créature mythique associée à la paix et au bon augure. Sa danse, plus fluide et narrative, est liée aux Hakka, un groupe culturel chinois issu de plusieurs vagues de migrations internes, installé depuis longtemps dans le sud de la Chine et à Hong Kong. Les Hakka ont conservé une langue et des traditions propres, dont fait partie cette danse.
Qui pratique la danse du Lion et du Kirin à Hong Kong ?
À Hong Kong, la danse du Lion est souvent portée par des écoles de kung-fu ou des associations de quartier. La danse du Kirin reste quant à elle surtout pratiquée dans certaines communautés Hakka, notamment dans des villages ou lors de fêtes locales.
Ces danses apparaissent lors des moments considérés comme porteurs de renouveau : Nouvel An lunaire, fêtes de temples, ouvertures de commerces, mariages ou événements communautaires. Elles rassemblent habitants, familles et générations autour d’un projet commun.
Quel avenir pour ces traditions à Hong Kong ?
Ces pratiques dépendent fortement de leur environnement social. Or, à Hong Kong, la transformation rapide de certains quartiers et la disparition progressive de villages anciens fragilisent parfois les cadres dans lesquels elles se transmettaient.
Dans des zones historiquement habitées par des communautés Hakka, comme Cha Kwo Ling ou d’autres villages peu à peu intégrés à la ville, l’enjeu ne concerne pas seulement les bâtiments, mais aussi les rituels et les savoir-faire liés à la vie collective et sa culture. Quand les habitants partent, ces pratiques doivent trouver de nouveaux lieux pour continuer d’exister.
Certaines troupes s’adaptent en se produisant dans des festivals, des écoles ou des événements publics. Cette évolution leur permet de toucher un public plus large, tout en posant la question de l’équilibre entre adaptation et fidélité aux racines.
À Hong Kong, la danse du Lion et la danse du Kirin ne sont pas figées. Elles évoluent avec la ville, portées par des communautés et des passionnés. À travers elles se transmettent des identités, des histoires locales et des liens sociaux, rappelant que le patrimoine ne se limite pas aux monuments, mais vit aussi dans les gestes du quotidien.
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