Shanghai Disneyland célèbre cette année son dixième anniversaire et depuis l’ouverture du parc, le 16 juin 2016. Depuis, le parc s’est imposé comme l’un des grands moteurs du tourisme à Shanghai. Il avait accueilli plus de 100 millions de visites cumulées fin octobre 2025. Ce chiffre montre l’ampleur de son succès dans une ville qui a vu son secteur touristique se transformer rapidement au cours de la dernière décennie.


Dix ans de Shanghai Disneyland : un symbole du tourisme chinois
Entre 2011 et 2025, les visiteurs domestiques de Shanghai sont passés de 230 millions à 416 millions, tandis que les recettes touristiques ont plus que doublé, atteignant 566,68 milliards de yuans. Loin de marquer une pause, Shanghai Disneyland continue de s’étendre. Le complexe prépare notamment une nouvelle zone sur le thème de Spider-Man, qui deviendra la neuvième aire thématique du parc, ainsi qu’un troisième hôtel, prévu pour l’hiver prochain. Cette stratégie reflète la volonté de Disney d’adapter son offre au marché chinois tout en renforçant son ancrage local. Le parc a aussi créé plus de 15 000 emplois directs à Shanghai, ce qui confirme son poids économique.
Gary De’Snake, un serpent devenu phénomène
En parallèle, un tout autre phénomène culturel lié à disney a captivé la Chine : Gary De’Snake, le nouveau personnage de Zootopia 2. Le retour de la « dream team » de Zootopia, neuf ans après le succès du premier film qui avait généré 236,1 millions de dollars au box-office chinois met en avant ce serpent bleu, doublé par Ke Huy Quan, a connu un succès important auprès du public chinois. Le film est devenu le film d’animation étranger le plus rentable de l’histoire du pays. Son image sympathique a contribué à modifier la perception des reptiles, en particulier chez les jeunes spectateurs.
Mais cette popularité a eu un effet inattendu : une hausse de l’intérêt pour les véritables serpents venimeux, notamment le pit viper indonésien bleu. Des recherches et des annonces en ligne ont augmenté, malgré les risques évidents pour la sécurité et les restrictions sur l’envoi d’animaux vivants. Ce reptile a vite été retiré des principales plateformes de e-commerce chinoises telles que Douyin, Xiaohongshu et Xianyu, bien que cette régulation n’empêche pas totalement sa circulation en ligne. Le phénomène montre comment une œuvre de fiction peut influencer des comportements réels, parfois de manière problématique
Référence à la culture chinoise.
Le film s’accompagne d’une intégration subtile de références culturelles chinoises. Dans Zootopia 2, le personnage de Gary le serpent s’inscrit dans l’imaginaire du shēngxiào (生肖), où l’année 2025 correspond au signe du serpent, associé à la sagesse, à la prospérité et à la clairvoyance. Cette symbolique est renforcée par l’ancrage du serpent dans la tradition chinoise, notamment à travers les figures mythologiques de Fuxi et Nüwa, divinités fondatrices incarnant l’harmonie et la fertilité.
Disney exploite ces références de manière nuancée, par exemple dans une scène où Gary et sa famille enlacent Judy Hopps, évoquant le motif traditionnel du « serpent enroulé autour du lapin » (蛇盘兔, shé pán tù), symbole de bon augure dans le nord de la Chine. De même, l’écharpe rouge de Gary fait écho au běn mìng nián (本命年), période durant laquelle porter du rouge est censé éloigner la malchance. Ces clins d’œil culturels, perçus comme authentiques par le public chinois, contribuent au succès du film.













