Édition internationale

Ada Walter : "Shanghai en 5h40 est une course mémorielle"

Un homme fait escale à Shanghai. Il risque d’être arrêté mais, résigné, il semble ne pas s’en inquiéter. Au pied des gratte-ciel, dans les rues bondées et les restaurants, il rêve surtout de croiser celle qu’il aimait il y a dix ans. Monologue virtuose, Shanghai, cinq heures quarante ouvrage nous plonge, le temps d’une course en taxi, dans la tête d’un homme en pleine crise existentielle. Nous avons interrogé Ada Walter, ancienne résidente de Shanghai, pour nous parler de son premier roman.

ada walterada walter
Écrit par Didier Pujol
Publié le 14 septembre 2026, mis à jour le 16 septembre 2026

Shanghai 5h40 permet l'appropriation 

C’est votre premier roman. Comment abordez vous ce genre ?

Je suis très émue par la publication de ce premier roman.  Le manuscrit devient livre, il nous échappe, à la fois matériellement parce qu’il existe en plusieurs endroits du monde, sur les tables des libraires puis dans des appartements, des maisons où, sans ce livre, je ne serais jamais entrée, et symboliquement, parce que d’autres peuvent le réinterpréter, et parfois, ressentir tout autre chose que ce que j’aurais pu imaginer.  

Shanghai 5h40 est l’histoire d’un amour perdu depuis 10 ans que le personnage évoaue à l’occasion d’une escale à Shanghai. Y a-t-il un rapport avec Shanghai que vous avez vous-même quitté ?

En effet, la nostalgie du personnage est peut-être une sublimation de celle que j’ai moi-même ressentie en rentrant en Europe. Il regrette un amour perdu, tout comme, après mon départ, j’ai regretté cette vie en Chine.

 

Shanghai est le support d'une introspection 

Comment la ville interagit elle avec les sentiments du personnage principal et comment vous a t elle inspiré pour cet ouvrage? 

Comme vous le mentionniez, la ville est le support d’une introspection. Le narrateur se souvient de sa propre vie grâce aux quartiers de la ville qu’il traverse, comme si c’était à la seule condition d’avoir Shanghai sous les yeux qu’il pouvait retrouver la mémoire. 

En quoi ce roman fait il écho à votre propre vie et pourquoi il parle aux lecteurs selon vous 

Il me semble que l’état intérieur du personnage, sa plongée dans le souvenir à l’occasion d’un trajet en taxi, dépasse la seule expérience de l’expatriation. Comme lui, nous avons tous, parfois, l’impression de nous immerger dans notre mémoire et de ressentir, comme au présent, des événements qui ont pourtant eu lieu il y a des années. Le narrateur, qui a quarante ans, se tient comme sur une crête entre passé et avenir, peut-être parce qu’il a l’impression d’avoir autant de temps devant lui, que déjà consommé.

 

Shanghai est un bouleversement permanent

* Quel Shanghai avez vous retrouvé lors de votre retour récent ? 

À l'occasion de ce retour pour des vacances, je me suis amusée à remonter la Wulumuqi Lu pour repérer tout ce qui avait changé. Dans cette ville, j’adore ce bouleversement permanent, ces surprises qu’on découvre au matin, quand, par exemple, le magasin de pastèques du bout de la rue est devenu un studio photo (ou l'inverse). C’était l’été, il faisait si chaud et moite sur le Bund qu’il m’a semblé que si j’y étais restée plus de quelques minutes, je me serais évanouie !

Quelle sont votre actualité et vos prochains projets ?

Je me concentre sur cette joie de voir ce premier roman publié, et j’espère revenir bientôt en Asie. 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos