Mardi 19 octobre 2021
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Jean-Jacques Grauhar : "Un élu n’a d’utilité que s’il est à l’écoute"

Par Damien Bouhours | Publié le 18/05/2021 à 00:00 | Mis à jour le 18/05/2021 à 00:00
Jean-Jacques Grauhar, tête de liste de Liste Collectif Eco-solidaire​​​​​​​ pour les élections consulaires 2021 pour la Corée du Sud et Taïwan

Jean-Jacques Grauhar est tête de liste de Liste Collectif Eco-solidaire pour les élections consulaires 2021 pour la Corée du Sud et Taïwan. Il revient avec nous sur son programme. 

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ? 

J'ai élu domicile en Asie du Nord il y a plus de 35 ans, multipliant des expériences de vie dans plusieurs pays de cette zone et suis actuellement basé à Séoul ou je représente actuellement Fairtrade International, une ONG basée à Bonn qui promeut le commerce équitable, une des nombreuses facettes de l'Économie Sociale et Solidaire. Je parle coréen et chinois... mais ma personne importe peu.

Si nous devons nous plier à ce format électoral imposé qui tend à personnaliser la fonction, avec ses risques de clientélisme et d'auto-promotion, notre démarche est fondamentalement celle d'un Mandat Collectif. Nous sommes convaincus que personne n’est omniscient et que l’addition de nos expériences et de parcours de vie variés est bien plus à même de représenter les intérêts de nos compatriotes dans leur diversité.

Il faut noter en particulier que notre circonscription est à cheval sur deux pays et qu’une véritable proximité des élus avec ses concitoyens ne peut être garantie que par une telle représentation collective donc multiple, afin que des référents soient joignables localement, que l'on habite à Busan ou à Kaohsiung par exemple.

 

Comment avez-vous constitué votre liste ?

De fait, il ne s'agit pas d'une liste créée ad hoc pour de simples échéances électorales et qui se désintégrera au lendemain du suffrage car composée de personnes qui se connaissent à peine !

Les colistières et colistiers de notre liste sont toutes et tous membres du Collectif Éco-Solidaire Corée Taiwan, une organisation informelle de citoyens français des deux pays déjà très actifs au sein de nos communautés et dont l’objectif principal est de recréer du lien social et de la solidarité dans nos communautés fracturées, notamment avec les personnes les plus éloignées physiquement ou socialement des centres traditionnels d'expatriation.

A Taipei et Séoul, nous organisons une Bouquinerie Solidaire qui fonctionne sur du bénévolat et des dons de livres en français. Chacun peut ainsi à sa guise emprunter toutes sortes de livres dans un fond de plusieurs centaines d’ouvrages (et qui grossit au fil des jours), et ce gratuitement.  Nos activités couvrent également des ateliers créatifs pour enfants, des clubs de lectures, des ateliers pour adultes, un ciné-club mensuel avec des films français sous-titrés en coréen et chinois pour que les familles binationales notamment puissent y venir ensemble, des zooms et des projections-débats sur des sujets de société et environnementaux. Chaque membre du Collectif peut ainsi développer des activités là où elle/il vit. Par exemple, nous animons un jardin partagé à Séoul en collaboration avec une association locale de protection de l’environnement et à Kaohsiung se tient chaque mercredi un café solidaire lors duquel chacun peut venir échanger sur ses sujets de préoccupation mais aussi emprunter des livres en français et faire de nouvelles connaissances.

Toutes nos activités sont gratuites et ouvertes à l’ensemble de notre communauté.

 

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de Corée du Sud et de Taïwan ?

Les communautés françaises de ces deux pays ont sociologiquement beaucoup changé ces dernières années.

Alors que Taiwan et la Corée du sud ont pendant longtemps été des territoires composés quasi exclusivement d'expatriés de multinationales, les binationaux, les couples mixtes, les petits entrepreneurs, les étudiants mais aussi les retraités sont de plus en plus nombreux. Les situations particulières sont donc extrêmement variées et nécessitent des expertises multiples, d'où l’importance du parcours personnel de chaque colistier de notre mandat collectif.

Le résultat d’une consultation citoyenne menée l’an dernier auprès de nos compatriotes atteste clairement que les relations avec les diverses administrations locales comme françaises restent le premier sujet de préoccupation de nos compatriotes, tout comme l'est l'accès à une éducation de qualité et financièrement accessible. Les frais d’écolage et la limitation de l’offre très centralisée constituent également un souci particulier pour nombre de Français. L’espoir douché de l’ouverture rapide du Lycée International Français de Taipei (LIFT) atteste à la fois des besoins et des difficultés dans ce domaine.

Il faut également noter que le statut particulier de Taïwan représente une difficulté supplémentaire dans nos relations avec les administrations françaises.

 

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ? 

Si nous comparons notre circonscription consulaire Corée du Sud -Taiwan à une petite ville de près de 5400 habitants, les conseillers des Français de l’étranger ne doivent pas être l’équivalent de notables de province mais bien une équipe de conseillers municipaux, engagés sur le terrain et proches de leurs communautés. Un élu n’a d’utilité que s’il est à l’écoute de tous ses concitoyens et est familier avec le contexte local pour pouvoir fournir une assistance efficace sur des situations particulières tout en défendant les intérêts communs à la communauté auprès de l’ambassade et des administrations concernées.    

En plus des instances dans lesquelles il siège (bourses scolaires, aides sociales, conseil de sécurité, emploi et formation professionnelle…), son rôle est de défendre les services publics consulaires ainsi que les droits des Françaises et des Français de l’étranger auprès des administrations consulaires et de promouvoir la démocratie locale et la vie citoyenne en organisant des réunions publiques et en encourageant les initiatives locales. Il doit également suivre les actualités politiques concernant les Français de l’étranger et agir comme un relais local d’information.

 

Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme ?

Il n’est pas aisé de résumer un programme qui forme un tout et qui englobe toute une série de propositions dans des domaines aussi divers que l’action consulaire et les institutions, l’éducation, la protection sociale, la culture…. Je vous invite à consulter nos actions, notre définition de mandat collectif ainsi que notre programme détaillé sur notre site internet.

La transparence, la solidarité et la participation citoyenne sont au cœur de nos préoccupations, et ce dans tous les domaines où nous pourrons porter la voix de nos concitoyens.  En quelques mots, voici quelques pistes programmatiques dans les domaines de l’action consulaire et de l’éducation :

Variable d’ajustement de tous les gouvernements, les services publics sont mis à mal par les politiques publiques successives dont le seul but est de réduire les couts et diminuer les effectifs dans les postes consulaires. A l’inverse, nous souhaitons redynamiser notre réseau consulaire, le rendre attractif, efficace, accessible et citoyen. A minima, nous nous efforcerons d’obtenir un poste à mi-temps supplémentaire par consulat pour en accroitre la réactivité.  Nous mettrons en place des outils d’information et de consultation, développerons les échanges avec les chefs d’îlots et rendrons compte de nos activités au sein des différents conseils. Nous engagerons également l’ambassade et le consulat à régulièrement rendre compte de leurs activités et nous informer nos communautés des différentes réunions des conseil consulaire (bourses, aide sociale, sécurité…)

Pour ce qui ressort du secteur éducatif, nous nous assurerons que l’AEFE et le poste consulaire mettent en adéquation le montant de l’enveloppe de référence initiale et les véritables besoins en termes de bourses scolaires.  Nous inciterons également les lycées à promouvoir les échanges de connaissance et d’opinion ainsi que les réflexions et sensibilisations aux grands enjeux sociaux et environnementaux mais aussi à prendre des initiatives concrètes dans ces domaine en concertation avec les élèves, les parents d’élèves et le corps enseignant.

 

Liste Collectif Eco-solidaire

 

Collectif Eco-Solidaire

Jean-Jacques Grauhar

Maria Covrig

Julien Goy

Cécile Bordez

Pierre Amon

Laure Palmier

 

Pour en savoir plus sur les élections consulaires et les autres listes : Elections consulaires : modalités de vote et candidats à Séoul

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Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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