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SCIENCES - Le Prince Albert II visite la grotte du Lazaret à Nice

Le Souverain monégasque est venu encourager les chercheurs qui travaillent sur ce site paléolithique situé au pied du Mont Boron. Il a également annoncé l'élargissement des échanges avec le Musée d'anthropologie de la Principauté

Photo Charly GALLO © Centre de Presse

Chez les Grimaldi, la préhistoire est toute une histoire. Depuis le prince Florestan qui a initié son petit-fils Albert Ier aux fouilles sur le site des Balzi Rossi, à la frontière italo-française de Ligurie, Rainier III et, aujourd'hui, Albert II ont toujours encouragé et aidé les chercheurs à poursuivre leurs travaux scientifiques. C'est d'ailleurs la teneur du message adressé lundi par le Souverain monégasque, dont on connaît les préoccupations sur l'environnement et le réchauffement climatique, à l'occasion de la visite de la grotte du Lazaret, en présence des hauts responsables du département. Guidé par le professeur Henry de Lumley, directeur de l'Institut de paléontologie humaine, le Prince était entouré de MM. Christian Estrosi, secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer, Président du Conseil Général;Dominique Vian, Préfet des Alpes-Maritimes;du député Eric Ciotti, du Vice-président du Conseil Général Alain Frère et du directeur du Laboratoire du Lazaret Emmanuel Desclaux.

Après avoir apprécié les commentaires du professeur de Lumley sur les résultats des recherches actuelles sur le site et des données collectées depuis le début des fouilles par les scientifiques du laboratoire, le Prince Albert II s'est montré particulièrement intéressé par la découverte, le matin même sur le chantier de la grotte, d'un « biface ». C'est un galet travaillé symétriquement sur les faces et côtés afin d'obtenir une sorte de « goutte d'eau » aux tranchants aiguisés. Il s'agit de l'outil traditionnel des chasseurs qui occupaient cet abri situé sur les pentes du Mont Boron, au bord de la mer, 160.000 ans auparavant.
"C'est extrêmement intéressant au plan scientifique, devait déclarer avec beaucoup d'émotion le Souverain lors de la présentation de l'objet propre aux humains anténéandertaliens. Mes ancêtres ont toujours encouragés ces travaux favorisant une meilleure connaissance de l'homme, de
son mode de vie, de son milieu. Comment, d'ailleurs, parler d'évolution du climat si on ne possède pas de données antérieures pour comparer ? Ces recherches doivent se poursuivre dans d'excellentes conditions, car la richesse de ce site est extraordinaire. Il y a déjà des échanges entre le laboratoire du Lazaret et notre musée d'anthropologie. Mais je désire qu'ils soient élargis et que cette collaboration s'étende à d'autres chantiers de fouilles. C'est essentiel de se servir du passé pour expliquer le présent et anticiper l'avenir. Car ces hommes

préhistoriques ont également dû subir des périodes climatiques instables ou extrêmes."
En réponse, M. Christian Estrosi a rappelé : "Ce lieu est le témoignage de l'histoire de notre territoire. Et nous savons à quel point le Prince Albert II s'est investi pour sauver notre planète. Je suis donc heureux des partenariats passés entre la France et Monaco", a-t-il déclaré avant de conclure par cette phrase chargée de symboles pour les relations entre les deux nations : "Aujourd'hui nous vivons un moment important de l'histoire de notre département."

Photo Charly GALLO © Centre de Presse

Rappelons que le but de ces fouilles niçoises, d'après le professeur de Lumley, est "de retrouver tous les objets et les indices permettant de savoir comment vivaient les chasseurs du groupe des Homo erectus européens du Lazaret. L'objectif est de repérer, enregistrer et conserver tous les vestiges encore visibles. Actuellement, plus de 300.000 objets ont été répertoriés dans cette caverne qui fait plus de 40 m de long et 15 m de largeur maximale et qui contient un remplissage épais de 7 m. Enfin, l'industrie lithique du lazaret est attribuée à la période culturelle de l'Acheuléen final."

Le rapprochement entre les scientifiques des deux pays devrait favoriser une meilleure connaissance des données climatiques.


Jean-Marie FIORUCCI. (www.lepetitjournal.com - Monaco), 12 septembre 2007




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