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SANTE - Médecine chinoise : l’alternative

Bouillon de grenouille, soupe de queue d'ours, infusion de bois de cerf, tisane de squelette d'hippocampe? La médecine chinoise soigne depuis près de 5000 ans avec ce genre de potion. Fleurs, fruits, racines, pierres, minéraux, et autres petites bêtes séchées : il y en a pour tous les maux, presque pour tous les goûts ! Malgré l'attrait pour la médecine « conventionnelle », les Hongkongais demeurent très attachés à leur médecine traditionnelle

Si le premier manuel de médecine chinoise a été rédigé de la plume de plusieurs scientifiques entre 475 et 221 avant JC, c'est à l'Empereur Shen Nong (3494 av JC), que la médecine par les plantes doit son existence. En testant toutes sortes d'herbes, ce passionné fit naître l'art des plantes médicinales. On dénombre aujourd'hui 50 espèces fondamentales, auxquelles s'ajoutent des centaines d'autres substances. Leur point commun : être soit Yin, soit Yang et avoir préalablement été traitées. Pas question en effet de consommer ces produits bruts à peine récoltés. Grâce aux technologies modernes, leur qualité est scrupuleusement contrôlée tout comme les risques de toxicité ou d'effets secondaires.

Du diagnostic au bouillon
En médecine chinoise, tout mouvement, tout changement, toute vie repose sur la théorie du Yin et du Yang, deux forces à la fois opposées, mais complémentaires et inséparables, en perpétuelle interaction. Si les deux forces se trouvent en parfait équilibre, en harmonie, la personne est en bonne santé. Si en revanche le Yin prend le pas sur le Yang ou vice versa, l'harmonie est rompue et une pathologie peut se développer. Pour connaître l'état de santé de son patient et diagnostiquer un éventuel dysfonctionnement, le médecin chinois écoute et sent. Ecoute les bruits de la respiration, l'intonation de la voix, le son de la quinte de toux? Sent les différentes odeurs et sécrétions de son patient? Il complète cet examen en prenant le pouls aux deux poignets du malade et s'enquiert enfin de ses conditions de vie, de son passé, de ses éventuelles douleurs ou malaises. Une fois le diagnostic posé, le traitement sera à base de plantes, de poudres ou de résidus animaliers. Chez son herboriste, le patient récupère les mélanges et rentre les préparer chez lui.

La bonne recette

En médecine chinoise, les gélules et autres comprimés sont rares. Le traitement consiste plutôt en une soupe, un bouillon, une infusion à préparer soi-même. Qu'il s'agisse de Cordyceps contre les maladies rénales, de ginseng contre l'indigestion ou l'insomnie, ou de bois de cerfs contre l'anémie et les problèmes cardiaques, la future potion magique bout et rebout des heures durant. Pour lui donner meilleur goût, les Chinois ajoutent de la viande, des ?ufs ou des légumes et la consomment comme un repas. La médecine chinoise, partie intégrante du quotidien de ses adeptes et de leur régime alimentaire, est aussi bien utilisée pour soigner une pathologie que pour maintenir son énergie vitale et rester en bonne santé.

Vanessa Avrillon (www.lepetitjournal.com/hongkong/html) mercredi 8 juillet 2009

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