Édition internationale

RUGBY - Skrela, un demi en quête de plénitude

Le numéro 10 du Stade Toulousain et des Bleus s'apprête à relever des challenges de taille en 2009 : le retour de la réussite dans son jeu au pied et la vive concurrence qui sévit à son poste dans son club comme en sélection

David Skrela devra se reprendre en Bleu après son match raté face aux Wallabies (photo AFP)

À bientôt 30 ans, il les fêtera le 2 mars, David Skrela se situe à un tournant de sa carrière débutée en 1997 sous les couleurs de l'US Colomiers, dans la grande banlieue de Toulouse, pépinière inépuisable de joueurs de talent, où ont éclos notamment Sadourny, Galthié et Jauzion. Le solide ouvreur du Stade Toulousain (1,91 m, 93 kilos), qu'il a rejoint cette saison, après cinq riches années passées au Stade Français ponctuées par deux titres de champions de France, laisse encore sceptique lorsque son destin d'enfant du ballon ovale est évoqué. David Skrela, fils de Jean-Claude Skrela, actuel DTN à la FFR et l'un des meilleurs troisième-ligne aile français dans les années 1970 où son association à Jean-Pierre Rives et Jean-Pierre Bastiat était synonyme de glorieuses envolées en équipe de France, a connu sa première cape en bleu contre la Nouvelle-Zélande, le 30 juin 2001.
Mais le Toulousain attendra presque six années pour retrouver la sélection, y glaner une victoire dans le Tournoi des 6 nations en 2007, participer à trois matchs de la dernière Coupe du monde, où, à l'image de ses coéquipiers, ses performances laisseront un goût d'inachevé. Preuve que son "cas"a soulevé longtemps des questions dans l'esprit des sélectionneurs qui lui ont fait confiance néanmoins à 18 reprises pour 110 points inscrits.

Profusion de talents à l'ouverture
Soumis à une très rude concurrence à son poste au Stade Français, lorsque Juan Martin Hernandez et Lionel Beauxis portaient le même maillot à l'esthétique contestable, Skrela a cru la voie plus calme au Stade Toulousain. Mais il se retrouve en compagnie de partenaires qui sont des concurrents redoutables. Un certain Fred Michalak, le Sud-Africain du Toit ou encore Jean-Baptiste Elissalde, buteur de haute volée, peuplent désormais son quotidien. Chez les Bleus, la concurrence s'appelle François Trinh-Duc, le Montpelliérain régulièrement appelé par Lièvremont en 2008. Skrela n'est plus en âge d'avoir des doutes, propres à ronger la confiance du buteur, seul, face aux perches. Sa dernière prestation en équipe de France face à l'Australie, le 22 novembre 2008 (victoire australienne 18-13), a frôlé le fiasco. Le buteur des Bleus, auteur d'un maigre 22 % de réussite, a laissé échappé six tentatives de but, avant de récolter un carton jaune, en fin de match, pour brutalité. Skrela a assumé le bilan famélique de cette terrible soirée au Stade de France, sans chercher la moindre excuse. Remis d'une blessure aux adducteurs, l'ouvreur qui peut évoluer également en trois-quart centre, et qui ne rechigne jamais à défendre, semble d'attaque à mordre dans tous les ballons en 2009. Ceux du Top 14 et de la H Cup, comme celui de l'équipe de France, où il espère vivement rebondir.
Arnaud Brély . (www.lepetitjournal.com) mercredi 7 janvier 2009 

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