Édition internationale

ROUMANIE - Elena Basescu, jet-setteuse politique

Elena Basescu a jusqu'au 2 avril pour rassembler 100.000 signatures et ainsi se présenter aux élections européennes le 7 juin prochain. Gros plan sur son aventure en indépendante qui focalise l'attention

Elena Basescu, de mannequin à femme politique. (Photo: alexandrumarin.wordpress.com)


Elle pourrait être l'héroïne d'une télénovela : la fille du président de la République qui, décidée à entrer à son tour dans l'arène politique, se heurte à l'opposition des intellectuels de son parti et choisit donc de se lancer dans la course à l'élection en indépendante. Mais le scénario est bien réel et fait d'Elena Basescu, "Elena de Dorobanti"comme elle s'est elle-même baptisée, la star avant l'heure de la campagne pour les Européennes.
Depuis qu'elle a démissionné du PD-L (Parti démocrate-libéral, au pouvoir avec le PSD) et annoncé sa candidature en indépendante le 18 mars, la fille cadette de Traian Basescu, qui espère briser un peu son image de fille à papa et de poupée jet-setteuse, a décrété la mobilisation générale pour collecter les 100.000 signatures nécessaires à sa candidature au Parlement européen.

Son réseau
Via ses camarades de l'organisation des jeunes démocrates qui la soutiennent en partie, une campagne de collecte a débuté à travers tout le pays. Sous le sigle "EBA", l'ancienne mannequin de 28 ans a aussi investi le Net, en lançant son site et en prenant d'assaut les réseaux sociaux type Facebook ou Twitter, où elle publie ses dernières déclarations et recrute des volontaires.
Sans oublier bien sûr qu'elle fait jouer son important carnet d'adresses : des membres du PD-L affichent leur soutien - Elena Udrea a mis son siège de campagne à sa disposition, la député Raluca Turcan a offert sa signature et le fils de Silviu Prigoana fait partie des bénévoles. Certains médias ont même lancé des campagnes de soutien, distribuant des formulaires de collecte de signatures. D'autres, comme Academia Catavencu, le font aussi mais sur un ton bien plus moqueur.
Car la presse, bien sûr, se régale de ce nouvel épisode des péripéties d'Elena Basescu - figure de la jeunesse dorée bucarestoise, connue pour ses gaffes verbales, sa vie amoureuse agitée, sa fréquentation assidue des clubs et restaurants branchés de la capitale. Le soutien que lui apporte son ancien petit ami, Andrei Hrebenciuc Jr, fait très souvent la Une. Les journaux se délectent notamment quand son père essaie de la défendre contre ceux qui la taxent d'incompétence, affirmant qu'elle a "tout de même terminé la James Madison University". Alors qu'elle n'y a étudié que deux semestres? "Papa n'a pas menti", réplique aussitôt Elena. Qui ne joue pas vraiment les rebelles non plus : elle continue d'affirmer sa fidélité sur la durée au PD-L et a nommé sa s?ur, Ioana, chef de campagne.

Une image qui séduit
Pour l'heure, pour convaincre, Elena Basescu utilise cette posture d'indépendante, de militante fidèle qui n'a eu d'autre choix que de partir de sa formation politique, notamment à cause du mépris affiché par les intellectuels. Elle a ainsi affirmé avoir "décidé de faire le chemin jusqu'à Strasbourg à pied, tandis que les candidats des principaux partis s'y rendront eux en avion". Derrière cette posture, difficile de discerner le programme politique de la candidate Elena. Reste que la stratégie semble payante. Les campagnes de signatures fonctionnent bien, et, mieux, selon un sondage réalisé par CCSB le 19 mars, "EBA"se classerait en troisième position si elle était candidate le 7 juin prochain, avec 16% des voix contre 35% pour le PD-L et 30% pour le PSD-PC. Selon l'éditorialiste d'Evenimentul Zilei Andrei Craciun, le succès d'une candidate non politicienne atteste de l'état de la politique en Roumanie. "Parce qu'elle n'est pas politicienne, Elena Basescu reste une image construite selon les critères qui consacrent toutes les vedettes actuelles. Elle est transformée en une espèce de sexy-candidate-merveille qui attire comme un aimant la curiosité. Et les votes. Probablement."
Marion Guyonvarch (www.lepetitjournal.com  - Bucarest) lundi 30 mars 2009{mxc}


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