Una storia dell’arte au féminin: le baroque italien

Par Fiona Lebert | Publié le 02/02/2021 à 07:00 | Mis à jour le 02/02/2021 à 07:00
Artemisia Gentileschi

L’art baroque est né en Italie au cours du XVIème siècle. Ses caractéristiques nouvelles en font un mouvement à part entière, opposé à la rigueur de l’art classique ou à la rationalité de la Renaissance.

 

Le nom du courant provient du portugais « barroco », qui fait référence à une perle de forme irrégulière. Le baroque est en effet un art du mouvement, dans lequel les lignes courbes, les contrastes et les jeux de lumières sont très présents. Les couleurs sont, quant à elles, variées et profondes. Les œuvres d’art baroques suscitent l’émotion voire la passion, là encore loin des effets cherchés et produits par la Renaissance. Le baroque est souvent caractérisé par une abondance des ornements, et sa spécialité est le trompe l’œil. Les peintures baroques se retrouvent sur des fresques ou des tableaux en grande partie. Les sujets abordés y sont variés, de la mythologie antique à la religion en passant par la vie des souverains. Les peintres italiens célèbres du baroque sont par exemple Le Caravage, Maderno, Le Bernin ou Borromini. Une autre peintre baroque italienne célèbre et pourtant très souvent oubliée est Artemisia Gentileschi.

 

Artemisia Gentileschi (1593-1653)

Artemisia Gentileschi est née en 1593 à Rome et décédée e 1653 à Naples. Elle était reconnue de son vivant comme artiste baroque italienne. Ses œuvres se sont beaucoup inspirées du Caravage, et elles mettent en avant des femmes courageuses et capables de se battre au péril de leur propre vie, pour exister. Ses tableaux les plus connus représentent notamment des héroïnes bibliques, mais derrière chacun de ces visages peut se cacher celui de la peintre.

Dès son plus jeune âge, c’est son père qui lui a appris à dessiner, à peindre et à manier les couleurs, n’ayant pas le droit de fréquenter des écoles ou ateliers d’art en tant que femme. Elle a pu évoluer dans un environnement artistique stimulant, son père était même sans doute ami avec Le Caravage. Mais à 17 ans, elle a été violée par l’artiste Agostino Tassi, un ami de son père. Elle a trouvé la force de le dénoncer et de mener un procès contre lui, alors même qu’elle a été torturée, accusée de dévoiler de faux récits. Il a finalement été reconnu coupable et s’est exilé de Rome.

Artemisia Gentileschi s’installe ensuite à Florence, où elle est la première femme à intégrer l’Accademia delle Arti del Disegno. Durant cette période, elle crée certaines de ses œuvres les plus célèbres, mettant en avant des femmes déterminées et dévouées au sacrifice, telles que des héroïnes bibliques telles que Judith avec sa servante, ou La conversion de Marie-Madeleine.

 

Artemisia Gentileschi

 

L’œuvre ci-dessus est intitulée Judith décapitant Holopherne et a été réalisée vers 1620, durant le procès du viol qu’elle a subi. Il s’agit d’un de ses tableaux les plus connus. La violence est très présente, et il renvoie à des émotions de souffrance et d’injustice intenses. Les jeux entre ombre et lumière, les mouvements de ses protagonistes et les émotions suscitées sont, entre autres, ce qui fait de cette peinture une œuvre baroque au message fort contre les violences sexuelles.

Fiona

Fiona Lebert

Fiona est en troisième année à Sciences Po Paris, elle effectue un stage de 4 mois au Petit Journal de Rome.
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Marie Astrid Roy

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