Football féminin : Les joueuses italiennes obtiennent le statut professionnel

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 03/05/2022 à 15:55 | Mis à jour le 03/05/2022 à 16:01
joueuses de football réunies

Le football féminin italien devient le premier sport de la péninsule à avoir un championnat professionnel, dès la saison 2022-2023. L’Italie rejoint l’Espagne, tandis que la France est encore en retard.

Depuis deux ans, le projet attendait d’être finalisé. Mardi 26 avril 2022, Gabriele Gravina, le président de la fédération italienne de football (FIGC) a fini par entériner la professionnalisation du football féminin italien dès le début de la saison 2022-2023, le 1er juillet prochain.

L’aboutissement de plusieurs années de lutte

Cette avancée majeure pour l’égalité homme-femme dans le football est avant tout due aux joueuses elles-mêmes, qui réclament ce statut depuis plusieurs années. Dès 2015, elles menaçaient d’entamer une grève au début de la saison de la Serie A, la première division. Les revendications portaient alors sur une meilleure valorisation de leur championnat et de leur travail. Mais trois ans plus tard, les spécialistes du calcio refusaient de participer à des activités organisées par la Ligue amateur pour cette fois demander un statut professionnel. En juin 2020, la FIGC finit par annoncer une professionnalisation graduelle du foot féminin italien pour laisser le temps au milieu de se préparer, au niveau juridique notamment. L’objectif ciblé pour la mise en place de la mesure était la saison 2022-2023.

Les conséquences du statut professionnel

Avec ce nouveau statut, le président de la FIGC se réjouit : « Enfin, nous avons des régulations qui gèrent le professionnalisme dans le football féminin. » Jusqu’alors, les rémunérations des joueuses de foot italien n’étaient pas officielles. L’absence de véritables contrats de travail ne « garantissait pas les paiements de la sécurité sociale ». Le statut professionnel assure par ailleurs un salaire minimum de 26.000 euros par an, tandis que les stades de Serie A devront tous être équipés d’au moins 500 places. Cette mesure apporte une meilleure sécurité aux joueuses, qui peuvent pleinement se concentrer sur leur métier, ainsi qu’aux clubs de football féminin, qui auront des contrats désormais encadrés et soumis aux mêmes règles juridiques.

Le retard français

Alors que le football féminin italien, en plein essor depuis le quart de finale obtenu par la Squadra Azzurra à la Coupe du monde 2019, grâce à des clubs dynamiques comme la Juventus de Turin, fait un pas en avant vers l’égalité homme-femme, la situation en France n’évolue presque pas. Pourtant, le football féminin français dispose de réels atouts avec des clubs de haut niveau, comme Lyon ou le PSG, qui figurent parmi les meilleurs d’Europe et attirent les plus grandes stars mondiales. De plus, l’organisation de la Coupe du Monde de football féminin en 2019, qui avait suscité un véritable engouement populaire, devait permettre aux joueuses d’obtenir enfin le statut qu’elles méritent et réclament depuis plusieurs années. Quatre sénatrices avaient ainsi rédigé un rapport visant à rattacher le football féminin à la Ligue de Football professionnel (LFP). Mais depuis, cette dernière fait preuve d’un immobilisme troublant qui entretient le flou juridique autour des contrats rédigés entre les joueuses et les clubs. Aujourd’hui, une joueuse de football du championnat de France doit choisir entre trois types de contrats différents.

Clément Lefebvre

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Marie Astrid Roy

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