

Entre modestie et joie de vivre, cette vraie professionnelle de la musique n'en est pas à sa première expérience. Tandis que son 1er album est un succès en Israël, Riff Cohen se prépare à sortir un 2ème album en France, sous la direction d'Universal. Quelques heures avant son concert au Zappa (Tel-Aviv), Riff a pris le temps de recevoir lepetitjournal.com Tel-Aviv pour une interview. Sur scène ou dans les coulisses, où elle nous a accueillit, Riff garde la même énergie, le même sourire. Entretien avec une jeune chanteuse qui va vous emporter dans son univers pop.
Photo : Hila Vugman
Lepetitjournal.com/Tel Aviv : D'où vous vient cette énergie sur scène ?
Riff Cohen : C'est mon caractère, depuis que j'ai 4 ans j'aime chanter, faire des shows devant la famille. Une fois que j'ai grandi, j'ai intégré une école professionnelle de théâtre, et je remercie vraiment mes parents pour m'avoir donné cette opportunité. C'est ce qui m'a construit. Et même si maintenant je suis plutôt dans la musique, j'ai pris avec moi tout l'enseignement du théâtre, de la scène.
Vous avez eu de nombreuses expériences avant d'arriver sur scène.
En effet, avant j'étais plutôt dans le côté artistique underground, moins connu. J'ai joué et écrit la musique de plusieurs films ou pièce de théâtre. Mais j'ai vite compris que si je voulais vraiment vivre de la musique, il fallait que je me concentre sur un seul domaine et sortir un vrai album. Cela m'a pris tout de même 5 années. J'ai tellement de styles de musique différents que ça a été difficile pour moi de choisir un style en particulier, de décider quelle porte j'allais ouvrir pour faire cet album. C'est le cas pour beaucoup d'artistes. C'est comme si vous demandiez à Picasso de ne peindre que la période bleue. Il a réalisé tellement d'?uvres et a révolutionné le monde artistique, c'est difficile de le réduire à une seule période. Aujourd'hui, nous sommes dans le même cas, les maisons de disques nous demandent de faire quelque chose de très spécifique, mais nous sommes des artistes, on a tellement de choses à faire et on est capable de beaucoup.
Après avoir signé votre contrat avec Universal, vous vous sentez encore indépendante ?
C'est totalement nouveau pour moi, je viens tout juste de signer avec eux, donc je ne sais pas encore. Mais je sens qu'ils ont quelque part confiance en moi, car je suis déjà arrivée avec un album prêt ainsi que deux clips que j'avais moi-même réalisé. J'ai une vision très précise de ce que je veux faire et je pense qu'il y a une place pour ces artistes qui ont commencé comme moi, de manière indépendante. Et ça a plutôt bien marché ici en Israël, je n'ai aucun budget pour la presse et mon album a tout de même été le deuxième album le plus vendu dans le pays. Ça veut dire qu'il y a quand même un espoir pour les artistes indépendants.
Comment expliquez-vous ce succès ?
Je ne sais pas s'il y a une explication. C'est très banal ou cliché, mais je sens dans mon ventre ce que je veux. Mes deux premiers single ont été diffusés sur Facebook et Youtube avant d'être repris sur les radios. J'ai trouvé que cette manière de faire était beaucoup plus forte.
En faisant cela, vous sentez-vous plus proche du public ?
Oui et même le public se sent plus proche de moi. Je leur montre et explique chaque pas dans ma carrière, ce que je fais, mes enregistrements. Et je sens qu'il y a une demande. Je le fais alors pour eux, c'est beaucoup plus sympa. Le public m'a également beaucoup donné confiance en moi. Au début, j'ai mis le clip de la chanson 'A Paris' sur Facebook. Il a tourné pendant 7 mois environ, je n'avais ni album, ni maison de disque, ce n'était qu'une maquette. Je n'avais pas assez confiance pour continuer et faire un album. J'ai reçu des messages incroyables des gens m'encourageant à continuer, à faire d'autres chansons. Donc je me suis décidée à réaliser d'autres titres. Le public a vraiment été un moteur pour moi.
Vos textes sont pour la plupart écrit par votre maman n'est-ce pas ?
Oui, c'est très familial et en même temps, lorsque l'on travaille ensemble, nous sommes très sérieuses. Normalement il est plus facile d'avoir le texte et ensuite de composer la musique. Pour moi ça a été le contraire et par un miracle, ça fonctionnait parfaitement. Ses textes sont tellement riches, elle en produit énormément, c'est ce qui m'a permis de sortir mon 1er album. Je suis extrêmement contente de travailler avec elle.
Vous pensez que les Israéliens aiment écouter vos chansons en français ?
Ça ne dérange personne de ne rien comprendre, c'est très drôle. Ils aiment le rythme, c'est juste un kiff, ils dansent. Parfois ils vont chercher les paroles et se rendent compte par exemple que le mot coccinelle en hébreu veut dire dragqueen. J'aime m'amuser comme ça avec les mots et les langues.
Est-ce que les français vont pouvoir vous voir en tournée en France ?
Comme je viens de signer le contrat avec Universal et que mon album va sortir en mars 2013 en France, je pense que oui. Je vais même surement déménager un peu en France, pour démarrer plus facilement, pour pouvoir pousser un peu les choses. Je pense que c'est le bon moment pour moi de sortir en France.
Comment vit-on ce succès ?
Pour l'instant, rien ne change, je continue de vivre ma vie, je travaille beaucoup, mais j'aime travailler. C'est juste que parfois dans la rue, les gens me reconnaissent, mais c'est très agréable. C'est nouveau pour mon mari aussi, même si je pense qu'il va devenir plus connu que moi en tant que styliste.
Antoine RIPAUD (lepetitjournal.com/telaviv) Mercredi 14 novembre 2012




































