

Elève en fac de lettres, Laura ne pouvait plus faire face à ses dépenses. Elle raconte dans Mes chères études, la spirale infernale qui l'a conduite à la prostitution. Terrifiant
Comme Laura, ils seraient près de 40.000 étudiants, en France, à se prostituer pour financer leurs études
Laura est une étudiante, en apparence, comme les autres. A 19 ans, elle s'est inscrite en première année de langues appliquées, à la fac. Son père est ouvrier, sa mère infirmière. Trop "riche"pour être boursière, mais trop pauvre pour assurer au quotidien?
Laura trouve un job en télémarketing, mais la moitié de son salaire passe dans le loyer. Une assistante sociale l'oriente vers les Restos du c?ur. En deux mois, la jeune fille perd 10 kilos, à force de privations. Surtout, elle n'arrive plus à cacher ses angoisses. Alors, un jour, Laura s'attarde sur des sites de "massage", interdits aux moins de 18 ans, avec mention "étudiantes bienvenues". "Les hommes qui se présentent ont en moyenne une bonne cinquantaine d'années", raconte-t-elle dans Mes chères études, un livre témoignage.
Cercle vicieux
Le premier client est poli, lui donne 250 euros. Les rendez-vous s'enchaînent, toujours en prenant contact sur Internet. "Le cercle vicieux est là, me narguant et m'entraînant dans son vortex : plus je gagne d'argent, plus j'en dépense et plus j'en veux", écrit la jeune femme.
Combien sont-elles, comme elle, à vendre leur corps pour continuer leurs études ? Le syndicat Sud annonce le chiffre faramineux de 40.000 sur 2,2 millions d'étudiants. Mais le phénomène reste difficile à mesurer, car ces jeunes filles ne s'inscrivent pas dans les réseaux traditionnels. Elles travaillent seules, via Internet, se présentant comme escort girls ou accompagnatrices.
Eva Clouet, 23 ans, auteur de La Prostitution étudiante à l'heure des nouvelles technologies de communication explique que sa principale surprise a été de rencontrer "des filles normales, ordinaires, qui me ressemblent dans leur façon de vivre, dans leurs projets. Pas des bimbos maquillées à cuissardes noires".
Aujourd'hui, Laura a arrêté les clients : "Ca me dégoûte, j'ai fait comme un abandon de poste quand on ne supporte plus son travail". Et pour cause : ce type de job étudiant reste rarement sans séquelle.
Elodie VIALLE. (www.lepetitjournal.com) vendredi 8 février 2008
Mes chères études - Etudiante, 19 ans, job alimentaire : prostituée, de Laura D., éditions Max Milo, 288 p., 18 ?
La prostitution étudiante à l'heure des nouvelles technologies de communication, Eva Clouet, éditions Max Milo, 192 p., 16 ?
Lire aussi
L'Express.fr - Des extraits du livre
Libération - Laura, étudiante à tout prix




































